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21 juin 2022  Actualités

Accaparements de terres

Terres volées

Les droits des paysans bafoués par les filiales de l’entreprise belge SIAT

Entraide et Fraternité accueille à Bruxelles des représentants de communautés paysannes qui se sont faits voler leurs terres par les filiales de l’entreprise belge SIAT (multinationale spécialisée dans la production de caoutchouc, d’hévéa et d’huile de palme) en Côte d’Ivoire, au Nigéria et au Ghana.
Leur revendication est claire : « Nous exigeons de récupérer nos terres. Nous n’accepterons rien d’autre. La terre, c’est notre vie, notre identité. Quand on perd notre terre, on n’existe plus. Elle est indispensable pour notre survie. Nous voulons aussi que la violence envers ceux qui se soulèvent contre SIAT s’arrête ». Sinan Ouattara Issifou, Daleba Nahounou Pierre Lautti (Côte d’Ivoire) et Wisdom Koffi Adjwalo (Ghana).

Des terres volées et tâchées de sang

En Côte d’Ivoire, SIAT, avec la complicité des autorités ivoiriennes, a volé illégalement, sans le consentement des communautés locales, plus de 11.000 hectares. Les communautés paysannes ont réagi par des manifestations pacifiques qui ont été réprimées dans le sang. Bilan : plusieurs morts, plus de 200 blessés (dont certains handicapés à vie) et 65 paysans emprisonnés.
« On n’avait rien sur nous. Ils ont commencé à tirer. » Kuadio Kroboko, leader communautaire
Retrouvez en vidéo le témoignage poignant d’un participant aux manifestations sur
entraide.be/3660
Au Ghana, SIAT a volé 18.000 hectares aux communautés paysannes. Cet accaparement des terres a également eu lieu de manière violente - certaines attaques ayant fait plusieurs blessés et morts. SIAT a également répandu sur ces terres des produits chimiques et des pesticides nocifs, causant d’importants problèmes de santé pour les communautés environnantes.
« Ils menacent notre survie et notre mode de vie » Auther Christina, leader communautaire
Retrouver en vidéo le témoignage de leaders communautaires sur https://www.youtube.com/watch?v=WfqlZj2fAEU

Une nouvelle colonisation

Ces vols de terres constituent une nouvelle vague d’occupation coloniale : « SIAT viole le droit international et utilise la faiblesse des Etats africains. Pour nous, c’est une nouvelle colonisation sauvage de nos terres. SIAT mais aussi les autres multinationales utilisent toujours le même procédé pour voler la terre des paysans. Tout se fait à l’abri des regards, sur des terres éloignées de la capitale et des principaux médias. C’est de l’agro-colonialisme. Les européens utilisent les produits finis - pneus, voitures, etc. - qui proviennent de nos terres volées ». Daleba Nahounou Pierre Lautti, responsable « Justice sociale » au sein de l’association Jeunes Volontaires pour l’environnement (JVE) Côte d’Ivoire.

La résistance sur le terrain s’organise

Plusieurs associations locales se sont organisées afin de défendre les communautés paysannes : rencontre avec les autorités, action judiciaire, interpellation des médias, etc. Les associations ont également développé un réseau interrégional de plaidoyer car plusieurs pays de la région sont victimes de ces vols de terres.
Mais jusqu’ici, la justice se fait attendre. La puissance des multinationales fait perdurer l’impunité. Le combat est difficile : « L’accompagnement juridique par exemple est couteux et prend du temps. Les communautés n’ont pas les moyens et nous avons du mal à trouver un soutien de longue durée. SIAT quant à elle dispose de fonds inépuisables ». Daleba Nahounou Pierre Lautti, JVE, Cote d’Ivoire
Mais les communautés paysannes continuent de se battre : « Malgré la répression, les personnes continuent de venir aux réunions, ils n’ont pas peur. Malgré tout ce qu’ils ont vécu, ils continuer d’être debout et de se soulever contre la situation. Ils refusent de se laisser faire ». Sinan Ouattara Issifou, président de l’Alliance pour le développement durable et l’environnement (ADDE) Côte d’Ivoire

Nous pouvons aussi agir

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SIAT est une entreprise belge et nos décideurs politiques peuvent agir. Depuis de nombreux mois, la société civile essaie de faire adopter une loi qui obligerait les entreprises à prévenir toute violation des droits humains et environnementaux et à réparer les communautés affectées par ce type de violation. Aucun accord politique n’a malheureusement encore été trouvé. La dignité et même la vie des communautés locales est pourtant en jeu.
« L’absence de loi est un terreau pour l’injustice ». Daleba Nahounou Pierre Lautti, JVE, Cote d’Ivoire





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