20 mars 2013  Actualités

Des sources d’eau potable au Burundi

L’eau, source d’espoir dans les collines du Burundi

Organisation d’Appui à l’Autopromotion

L’OAP s’est lancée dans un vaste programme de réalisation d’infrastructures d’adduction d’eau dans la province de Bujumbura rural.

L’OAP (Organisation d’Appui à l’Autopromotion), partenaire d’Entraide et Fraternité, s’est lancée dans un vaste programme de réalisation d’infrastructures d’adduction d’eau dans la province de Bujumbura rural, une des régions les plus déshéritées du pays. Objectif : aménagement de sources d’eau pour 12.900 personnes de deux communes.

Le soleil se lève sur les montagnes du Burundi. Sur la colline de Mpinga dans la commune de Mubimbi, les femmes s’activent autour des foyers pour réanimer les feux. Joceline a 7 ans. Comme tous les matins, elle accompagne sa maman dans les pénibles tâches ménagères qui font le quotidien des femmes africaines. C’est le moment de prendre le chemin pour aller puiser l’eau.

Equipée d’un gros jerrycan en plastique jaune, rescapé d’on ne sait quel stock militaire, Joceline s’élance sur les sentiers qui serpentent entre les champs. Elle a environ quatre kilomètres à parcourir, soit une heure de marche, pour atteindre la source de Gashanga, le point d’eau le plus proche. De nombreuses femmes sont déjà sur place, se bousculant pour remplir leurs bidons. Mais, le petit tuyau noir n’est pas pressé de délivrer son précieux liquide. Un mince filet s’en échappe, aspergeant timidement une flaque boueuse entre les cailloux… Patience !

Finalement, le plein est fait et c’est le retour, ou plutôt la remontée vers Mpinga. Chargée de 10 litres, Joceline grimpe courageusement le sentier, son jerrycan pèse. Il lui faudra 20 bonnes minutes de plus qu’à l’aller pour faire le parcours retour. Arrivée à la case, les repas pourront enfin être préparés pour toute la famille.

Inutile de rappeler qu’au Burundi comme ailleurs, l’eau, c’est la vie. Elle est indispensable à toutes les activités et notamment à l’agriculture. Mais l’eau peut être également vectrice de mort lorsqu’elle transmet des maladies. Ainsi, on estime qu’au Burundi, un cas de maladie sur deux peut être imputé à la consommation d’une eau de mauvaise qualité ! Il est donc vital, pour la survie des campagnes et l’amélioration du niveau de vie de chacun, de garantir un accès à de l’eau salubre, accessible à proximité des habitations, couplé à un système d’assainissement efficace.

C’est dans cette optique que l’OAP (Organisation d’Appui à l’Autopromotion), partenaire d’Entraide et Fraternité, s’est lancée dans un vaste programme de réalisation d’infrastructures d’adduction d’eau dans la province de Bujumbura rural, une des régions les plus déshéritées du pays, théâtre de dix années de guerre civile sanglante.

L’OAP installe 45 bornes fontaines

Ayant ciblé deux communes particulièrement démunies, l’association s’est lancée dans l’installation de 45 bornes fontaines publiques ainsi que dans l’aménagement ou la réhabilitation de 20 sources d’eau potable. De nouveaux captages sont également prévus pour acheminer l’or bleu, au cœur même des communautés.

L’objectif est clair : diminuer, dans cette zone, de 15% les maladies liées au manque d’eau potable et aux mauvaises pratiques d’hygiène et d’assainissement de l’environnement. Mais aussi alléger le fardeau de la corvée d’approvisionnement en eau qui pèse surtout sur le dos des femmes et des fillettes.

Au terme du programme, l’association espère avoir amélioré directement la vie quotidienne de 2150 ménages, soit environ 12.900 personnes, dont la petite Joceline.

A Mpinga, ce projet ne laisse évidemment pas indifférent. D’ailleurs, alors que Joceline rentre de son expédition, on annonce une réunion avec des représentants de la commune et de l’association OAP. Le but : impliquer toute la communauté dans la réhabilitation de la source d’eau de la colline. Cette dernière s’est tarie il y a de nombreuses années déjà…

Joceline ose à peine imaginer ce qu’un point d’eau à quelques mètres de sa case pourrait changer dans sa vie… Deux heures de corvée en moins chaque jour ? Peut-être cela signifierait-il un peu plus de temps pour aller à l’école… Cela pourrait aussi rimer avec moins de maladies, comme cette terrible diarrhée qui a récemment emporté le petit dernier chez les voisins.

Tout le village s’est rassemblé autour des pick-up venus de Bujumbura. L’OAP a déjà fait un travail de sensibilisation des responsables de la communauté et des « experts » de l’association sont déjà venus à Mpinga en compagnie des autorités locales pour faire un état des lieux : les sources existantes à aménager, les points d’eau à réhabiliter, les conduites à installer afin de garantir à chaque habitant l’accès à l’eau à moins de 1000 mètres de son domicile. Des relevés topographiques ont été faits, des plans tracés…

Un programme de sensibilisation

Maintenant, il est important de convaincre les villageois de participer à ce projet. En effet, à quoi sert de construire de nouvelles infrastructures hydrauliques si celles-ci ne sont pas suffisamment entretenues ? Pour garantir la durabilité de tout le programme, il est essentiel que tout le monde y mette du sien.

Le débat entre villageois aboutit finalement à l’élection d’un comité de gestion du point d’eau de Mpinga. A la grande fierté de Joceline, son papa y assumera le rôle de fontainier. C’est lui qui va superviser l’entretien de la source. Pas aussi évident qu’il n’y paraît : comment garder propres les abords de la fontaine ? Que faire en cas de fuites ? Comment faire appliquer les nouveaux règlements communaux pour l’usage de l’eau ? Comment gérer la consommation des différents habitants ? Autant de questions nouvelles auxquelles il trouvera des réponses lors des ateliers de formation donnés par l’OAP.

Mais l’implication des bénéficiaires et le renforcement de leurs capacités ne s’arrêtent pas là. Les comités de gestion des différents points d’eau vont, en effet, envoyer des représentants dans 11 régies communales de l’eau mises en place par l’Etat. Ces organismes autonomes auront pour charge de superviser l’ensemble du programme. Et ils devraient bientôt avoir un statut d’organisation sans but lucratif œuvrant pour garantir l’accès de la population à l’eau potable de façon durable.

Accès amélioré des communautés à l’eau potable, renforcement des capacités des structures locales pour la gestion de l’eau… c’est bien. Mais le projet vise également un dernier résultat : sensibiliser la population de la province de Bujumbura rural à l’utilisation rationnelle de l’eau. Dans ce but, l’OAP va organiser avec les villageois des formations de terrain pour expliquer comment utiliser au mieux cette précieuse ressource.

Le soir est tombé sur Mpinga, c’est maintenant au tour de quelques chiens errants de troubler le silence des collines. Pour Joceline, la journée a été dure mais riche aussi. Un véritable espoir est né. Cela faisait tellement longtemps que la population de son village rêvait de voir se concrétiser ce projet d’adduction d’eau. Enfin, leur demande a été prise en compte !

Demain, tout le monde se retrouvera sur le terrain, la pelle ou la pioche à la main. Sous la houlette des techniciens de l’OAP, la source de Mpinga se remettra à couler et Joceline se prend déjà à rêver des moments précieux ainsi gagnés dans sa journée. Des petits morceaux d’enfance sauvés, arrachés à la fatalité…

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tags : OAP Burundi Eau

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