Pour que la Terre tourne plus JUSTE !
RSS

rencontre d’un ancien cycliste professionnel italien, d’une cimenterie et nuit passée près d’une école

Lundi 9 mars 2015 : .

Sortir de Lusaka ...

Quitter Lusaka, une ville de plus d’un million d’habitants, ce n’est pas aisé surtout lorsqu’il n’y a aucun panneau directionnel. Mais avec mon (bon) sens de l’orientation et grâce au soleil qui brilla ce jour-là, malgré une erreur de parcours, je me suis retrouvé assez rapidement sur la bonne route vers le Zimbabwe et cela sans passer par le centre comme cela était initialement prévu. D’où un parcours plus aisé ... surtout qu’en Zambie, sur les nationales, 80% du temps, les cyclistes disposent d’une belle piste cyclable d’un mètre - et parfois un mètre vingt - de large, du même revêtement que la partie de la route réservée aux poids (plus) lourds. En Belgique francophone - mis à part le très beau réseau RAVel - les pistes cyclables des années 1950 sont dans un état déplorable (végétation et objets hétéroclites rejetés par les voitures).


Rencontre de Dino ancien courreur cycliste.

En sortant d’un petit "super-marché" à la sortie de Lusaka (où j’ai acheté un pot de "Nutela" ... cela fait deux mois que j’espérais me payer ce petit extra !), un homme m’interpelle. Il - Dino Giuseppini - est fasciné par le vélo depuis toujours. En effet, ancien cycliste professionnel du temps de Coppi, Gimondi, Zandegu et Merckx, il arrive en Afrique ; il consacre sa vie au cyclisme : tour de Madagascar, de la Réunion, courses en Algérie, en Egypte, etc ... Ensuite, il essaye de constituer une équipe nationale Zambienne ... s’étant arrêté définitivement dans ce pays où "il y a tant de soleil et où le ciel est bleu" ... mais aussi pour les beaux yeux d’une Zambienne ! Tout heureux de rencontrer un "fana" du vélo, il m’invite à manger chez lui : de bons spaghetti à l’italienne. Ma connaissance de l’italien lui permet de s’exprimer dans sa langue maternelle et tout heureux (et très volubile), il ravive les souvenirs des années 1960, 1970 ... où l’on ne se dopait pas (ou moins) et où l’on prenait des pastilles de sel pour compenser la perte de liquide due à la sueur sous le soleil africain. Pour la Transafrica 2016, je prendrai cela dans ma musette ...!

Une cimenterie qui pose question.

Soudain une usine, décor inhabituel en Zambie : une cimenterie ! Pierre Ruquoy - toujours lui - m’a appris que la famille Le Pen est seule propriétaire et détient le monopole de ce secteur important pour la construction dans ce pays. Il est étonnant que des gens (dangereux) comme les Le Pen refusent de considérer les Africains sur un pied d’égalité avec les Français de souche, mais s’intéressent plutôt et malgré leurs convictions politiques à la génération de profit dans ce coin non-Français. Il est vrai - comme pour les Chinois - que les salaires ici sont (très) peu élevés et le syndicalisme quasi inexistant. Sur ce plan - toujours selon la même source, il en connait des choses le Pierre - une tentative de grêve réclamant de meilleures conditions de travail a été réprimée par la police ... comme au temps de nos grands-parents ou de décembre 1960 en Belgique ! Informations bien sûr à vérifier concernant les capitaux Lepenistes investis dans les cimenteries en Zambie (invitation à tout qui peut m’aider sur ce sujet, car je n’ai guère l’occasion de "surfer sur le net" comme l’on dit en Franglais)... je ne suis pas sûr que Marine soit locace sur cette question !

Une école pour dresser la tente.

Lundi soir, pas moyen de trouver un camping ou une "guest-house" pour passer la nuit ; je décide de m’adresser à la directrice d’une école dans un petit village. Tout de suite, celle-ci marque son accord pour que je dresse la tente à proximité. Echanges intéressants sur le sens du voyage jusqu’au village de Mandela. Elle m’assure qu’il n’y a aucun problème quant à la sécurité. La nuit tombe vite en Afrique (18h25, il fait encore jour - 18h50, il fait tout noir). Une antenne GSM immense à côté d’une école qui ne dispose pas de l’électricité ... quel contraste ! Sur la porte de l’école, il est écrit "Welcome" ... en effet, c’est vrai ! Journée réussie pour moi sur ce plan-là sauf peut-être pour la cimenterie où je n’ai pas insisté pour être reçu !

Nouveaux languages.

Fini le Bemba ("Mwashibukeni"), bonjour le "Nyanja" dans la région de Lusaka et en s’approchant du Zimbabwe, le "Tonga". J’appends de nouveaux mots ("Mwauka Bwonji" et "Twalumba")... et cela fait toujours autant plaisir aux gens rencontrés quand on leur dit bonjour selon leur culture. Il va falloir apprendre ces mots en langue locale du Zimbabwe !

Une journée de repos au bord du lac de Kariba.

220 kms en deux jours, cela mérite bien un jour de repos (mercredi 11 mars) dans un camping au bord du lac de Kariba, situé à la frontière entre la Zambie et le Zimbabwe. D’autant plus que les dix derniers kilomètres présentaient un dénivelé important et cela sous un soleil bien africain ... une véritable fournaise sous le coup de 15h ! Chose rare dans la Transafrica, je suis descendu de vélo à plusieurs reprises ! Ce lac immense s’est formé lors de la construction (1956-1960) d’un très grand barrage hydro-électrique sur le fleuve Zambèze, sous les ordres d’un ingénieur français travaillant pour une société ancêtre de Tractebel. Il semblerait que les années passant, des fissures représenteraient un danger énorme, ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour des centaines de milliers d’habitants des pays en aval : Zambie, Zimbabwe, Malawi. Ces informations - à vérifier - m’ont été données par Victor, un Français de Roubaix, rencontré au parc Luangwa et travaillant pour une ONG sur les problèmes de l’eau au Malawi. Tout près du barage, j’ai vu un chinois - qui m’a salué - ... il y en a partout !