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20 juillet 2021  Actualités

Quels systèmes alimentaires pour demain ?

La crise sanitaire révèle l’échec du système industriel alimentaire mondial. Elle démontre qu’il est vital de prôner la création de systèmes basés sur une production et une consommation locales et plus diversifiées. Entraide et Fraternité mène en ce sens, en coopération avec des organisations partenaires locales, un programme ambitieux dans plusieurs pays.

La pandémie de Covid-19 est en train d’effacer plusieurs décennies de progrès contre la faim dans le monde. Selon différentes estimations, plus de 130 millions de personnes ont rejoint en 2020 les centaines de millions de personnes souffrant déjà de la faim avant la crise sanitaire. Plus d’un habitant sur neuf aujourd’hui dans le monde est sous-alimenté.

La crise sanitaire révèle l’échec du système industriel alimentaire mondial. Elle démontre qu’il est vital de prôner la création de systèmes basés sur une production et une consommation locales et plus diversifiées. Entraide et Fraternité mène en ce sens, en coopération avec des organisations partenaires locales, un programme ambitieux dans plusieurs pays. L’agroécologie, qui favorise notamment les petites exploitations à échelle humaine, les circuits courts, la diversification de la production, le respect de l’environnement…, est au cœur de ce programme. La crise sanitaire a mis en évidence sa pertinence afin de contribuer à la souveraineté alimentaire des populations.

Agroécologie : une solution pertinente

Afin de prévenir la pandémie de Covid-19, La République démocratique du Congo et le Burundi ont notamment décidé, durant les premiers mois, de fermer totalement leurs frontières, avant d’imposer ensuite de nombreuses exigences lors de leur réouverture. Ces décisions ont réduit considérablement la nourriture et les intrants agricoles sur les marchés, les deux pays étant fortement dépendants de leur importation.

En République démocratique du Congo, grâce à l’agroécologie qui permet notamment de réduire le recours aux intrants extérieurs, les coopératives paysannes soutenues par les partenaires d’Entraide et Fraternité ont continué à assurer une production locale. La concurrence étant plus faible suite aux mesures imposées aux frontières, les coopératives sont également parvenues à renforcer les ventes de leurs récoltes.

19 coopératives ont réussi à augmenter leur chiffre d’affaire d’au moins 30 % malgré la pandémie de Covid-19. Une augmentation considérable qui a permis à plus d’un millier de familles paysannes de répondre aux besoins prioritaires de leur foyer.

Cette augmentation de revenus constitue une grande victoire pour ces paysan·ne·s étant donné que les mesures du gouvernement ont généré une détérioration globale de la situation socioéconomique de la population de la province du Sud-Kivu. Selon une enquête du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), près de 57 % des ménages congolais déclaraient que leurs revenus avaient diminué à la suite de la Covid-19

Diversifier les cultures : la résilience des paysan·ne·s

Afin de faire face aux crises, la résilience des communautés passera obligatoirement par la diversification des cultures et des revenus agricoles. Une diversification au cœur de l’agroécologie promue par les partenaires d’Entraide et Fraternité.

Les Philippines sont le pays le plus touché d’Asie du Sud-Est par la pandémie en 2020. Dès l’apparition au mois de mars de la Covid-19, le président philippin Rodrigo Duterte a imposé un confinement parmi les plus stricts au monde. Sur l’île de Mindanao, où les partenaires d’Entraide et Fraternité sont actifs, l’accès aux champs ainsi qu’aux marchés s’est révélé très compliqué pour les communautés paysannes durant environ trois mois.

Les partenaires d’Entraide et Fraternité ont en réaction distribué en urgence des semences aux communautés paysannes afin que celles-ci renforcent, chacune, différentes cultures maraîchères dans leurs petits jardins et devant leurs maisons.

Plus de 1.400 familles paysannes ont ainsi pu bénéficier de stocks de légumes et autres aliments leur permettant de ne pas souffrir de la faim durant le confinement.

Une résilience qui a suscité l’intérêt de plusieurs dizaines de paysan·ne·s qui cultivent de manière chimique une seule filière agricole et qui, avec la fermeture des marchés, se sont retrouvé·e·s sans revenus ni aliments suffisamment diversifiés pour faire face à la crise.

Les circuits courts comme réponse à la crise alimentaire

L’Amérique latine est la deuxième région la plus touchée en nombre de morts par la pandémie de Covid-19. C’est aussi la région où une autre crise profonde, celle de la faim, sévèrement aggravée par la pandémie, s’est le plus accrue au fil des mois.


Dans l’Ouest du Guatemala, région montagneuse où la population est en grande partie autochtone (maya), les partenaires d’Entraide et Fraternité (CEIBA, CDRO, COINDI, RED KUCHUB’AL et SERJUS) ont accompagné 679 familles paysannes à affronter le confinement imposé par les autorités : fermeture des marchés dans les villes, restrictions des déplacements, etc.

Face à ces restrictions, les familles paysannes se sont tout d’abord organisées afin de s’échanger une partie des surplus de leurs productions (légumineuses, légumes, céréales, poulets, œufs, miel, gâteaux, fruits, etc.) et ainsi garantir leur propre autosuffisance alimentaire.

Elles ont aussi créé des circuits de commercialisation courts en utilisant les réseaux sociaux pour promouvoir leurs produits au sein de leur communauté et en organisant des marchés au sein des petits villages. Ces actions, qui ont rencontré un succès important auprès des communautés locales, ont permis aux familles paysannes de surmonter la fermeture des marchés dans les villes.





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