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29 août 2019  Actualités

Notre maison commune est en feu… Notre Terre crie.

Nous relayons une réflexion de la CIDSE à propos de l’incendie ravageant actuellement l’Amazonie.

Nous regardons avec incrédulité les images de l’Amazone brûlante. Elles nous déconcertent et nous choquent. Parmi toutes nos luttes, celle pour sauver l’Amazonie est la plus emblématique et la plus urgente.

Au nom de la CIDSE, nous préparons depuis des mois un prochain Synode sur la région amazonienne. En octobre, des évêques catholiques et des leaders indigènes des 9 pays amazoniens se réuniront pour réfléchir sur la vie dans cette forêt essentielle et comment elle relie toute vie sur cette Terre. Alors que nous relayons les appels à la vigilance des amérindiens, la forêt s’enflamme et soudain nous comprenons que nous sommes beaucoup plus loin que nous l’avions imaginé et que la menace est encore plus terrifiante et réelle. Depuis des années, nous luttons pour obtenir des engagements ambitieux et contraignants de la part des États et des institutions internationales, sur la justice climatique, sur la responsabilité des entreprises, sur les droits de l’homme et sur l’accès à des systèmes énergétiques et alimentaires justes et durables. Toutes ces questions reviennent à la surface alors que nous regardons l’Amazonie brûler.

Nous parlons de notre Maison Commune (cf. Laudato Si), parce que nous sommes tous·te·s responsables les uns des autres et de la façon dont nos actions et nos choix affectent chaque être dans le monde. Nous savons que c’est vrai, et cela a de grandes implications pour la politique internationale et notre modèle économique actuel de développement. Nous savons pertinemment que nous vivons bien au-delà des ressources de la planète. Nous savons que notre soif de croissance, de profit, de richesse et de pouvoir sont en contradiction directe avec la préservation de la vie sur cette planète, avec le maintien des cultures et traditions indigènes, avec le renouvellement des espèces - végétales et animales, avec la sauvegarde de nos sources d’eau propre, et même avec notre alimentation. Nous savons que la société de consommation et son monde est soutenue par des institutions et des privilégié·e·s qui perpétuent colonialisme et injustices, alimentés par l’avidité et l’égoïsme. Nous avons créé ces structures et nous les supportons, nous les tolérons et nous les retenons, même si elles nous blessent et nous déshumanisent.

Ce chemin que nous avons parcouru est sans solidarité, sans dignité, sans attention, sans participation, sans amour. Ces valeurs sont nos outils les plus puissants contre l’indifférence et l’injustice. Nous devons les récupérer.

C’est le moment pour nous de nous relever, de réclamer notre droit d’exister en tant qu’êtres à part entière, connectés à la Terre, à la forêt, aux fleuves et aux rivières, et les uns aux autres, ainsi que d’écouter les millions d’histoires qui nous rappellent que nous pouvons encore espérer et changer.

Nous cherchons les bons mots, les bonnes réactions, les bonnes actions. Nous passons du chagrin profond, de la peur, de l’impuissance, de la colère, de la colère, de la compassion, de l’amour, puis nous trouvons l’espoir et nous nous y accrochons et nous ne le lâchons pas parce que nous n’avons pas le luxe de céder au désespoir et à l’impuissance, pas tant que les autres se battent encore pour la justice.

Traduction libre d’un texte écrit le 26/08/2019 par Josianne Gauthier de la CIDSE : https://www.cidse.org/publications/climate-justice/earth-is-screaming-editorial-amazon-burning.html





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