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27 mars 2020  Actualités

Nos partenaires face au coronavirus !

Si le coronavirus continue de meurtrir la Belgique et l’Europe, il a dangereusement débuté son avancée inexorable dans les pays du Sud où nos partenaires accompagnent les communautés les plus pauvres.

Une situation très inquiétante dans ces pays où les systèmes de soins de santé sont défaillants et où leur accès pour les plus défavorisés constitue une utopie. Ces communautés doivent en outre chaque jour batailler pour gagner de quoi survivre.

Jusqu’à aujourd’hui, les mesures prises par les autorités pour faire face à cette véritable pandémie varient d’un extrême à l’autre : le Burundi s’en remet à Dieu, pour le président brésilien c’est une mascarade, les mesures de confinement sont drastiques au Rwanda ou encore au Pérou.

Haïti : choisir entre mourir du coronavirus ou de la faim en confinement ?

En Haïti, les premiers cas avérés ont été récemment recensés, faisant craindre une situation incontrôlable dans un pays extrêmement vulnérable aux épidémies. L’appel de l’Etat à rester chez soi est difficilement respecté, la majorité de la population étant obligée d’aller vendre ses produits sur les marchés informels afin de gagner de quoi survivre. Les mesures de confinement prises par les autorités pourraient créer une nouvelle famine comme en témoigne Ricot Jean Pierre, directeur de la PAPDA : « La population panique, on a pu observer des réactions violentes contre les premières victimes du coronavirus. La fermeture partielle des frontières, étant donné la dépendance du pays aux importations, pourrait avoir des conséquences énormes sur la sécurité alimentaire. En réaction, nous avons débloqué des fonds pour acheter 100 kilos de semences pour chaque organisation du programme afin de soutenir les paysans dans leur production alimentaire. »

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La production agricole est essentielle pour la survie des communautés.

Guatemala : le pays est paralysé, pas nos partenaires !

Au Guatemala, nos partenaires sont loin d’être inactifs malgré les mesures qui paralysent le pays. COINDI a par exemple lancé un spot télévisé pour informer et sensibiliser les communautés mayas aux mesures de prévention car les consignes sanitaires des autorités ne sont données qu’en espagnol et non dans les langues autochtones. COINDI s’est également lancée dans la production de gel d’alcool, de savon liquide et de masques. Le MOJOCA continue,lui, à livrer de la nourriture aux jeunes de la rue, qui sont actuellement oubliés des mesures de protection des autorités.

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L’équipe en train de préparer la nourriture pour les enfants des rues de Guatemala City.

Afrique des Grands Lacs : de la protection de Dieu au confinement intégral

Au Burundi, les autorités ont décidé de s’en remettre à Dieu pour protéger la population. La vie continue donc comme si de rien n’était comme le confirme Prosper Masumbuko, le coordonnateur d’Entraide et Fraternité sur place : « Les autorités ont annoncé le maintien de la campagne électorale et des élections prévues pour mai prochain. Tous les partenaires continuent donc pour le moment leurs activités. La foire agricole organisée par tous les partenaires burundais d’Entraide (ACORD, UHACOM, CAM, ADEPE et OAP) et qui a permis aux coopératives de présenter leurs produits s’est déroulée normalement il y a quelques jours. »

La situation est diamétralement opposée au Rwanda, comme en témoigne Eugène Niyigena d’APROJUMAP :« Ici au Rwanda, les mesures sont drastiques et les frontières ont même été fermées. Je suis moi-même objet d’un confinement strict pour avoir assisté à une réunion à l’ambassade de Belgique à laquelle l’un des intervenants qui y a assisté, a été identifié comme porteur de coronavirus. »

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Eugène avant son confinement.

En République Démocratique du Congo, le gouvernement a ordonné la fermeture de nombreuses infrastructures suite au recensement de plusieurs cas à Kinshasa. Même si c’est encore loin du Sud-Kivu, nos partenaires, dont l’APEF, ont décidé de reporter toute les formations prévues. Ils craignent en effet l’impact qu’aurait l’apparition du virus dans une zone où les dispositifs pour la prise en charge de potentiels cas sont quasi inexistants.

Pérou, un couvre-feu pour empêcher le virus d’enflammer le pays

Au Pérou, le gouvernement a établi l’état d’urgence nationale, incluant un couvre-feu qui court de huit heures du soir jusqu’à cinq heures du matin. Rocio, coordinatrice d’Entraide et Fraternité sur place, nous donne des nouvelles des différents partenaires (Chibolito, Kallpa et Iprofoth) : « Les travailleuses domestiques accompagnées par Iprofoth sont fortement touchées, leurs employeurs refusant qu’elles viennent travailler. Sans revenus, Iprofoth ne sait pas comment elles vont faire pour se nourrir, pour survivre. La maison d’accueil temporaire de l’association où les travailleuses domestiques en situation d’urgence peuvent se rendre reste toutefois ouverte. Chibolito et Kallpa sont immobilisés et utilisent ce temps pour renforcer leurs futures activités et outils pédagogiques avec les enfants. Mais ils craignent que cette situation affecte la nutrition des enfants, beaucoup de familles se retrouvant sans revenus . »

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Le confinement aura un impact avant tout sur les enfants.

Nos autres partenaires à Madagascar, au Brésil (où selon le président Bolsonaro, les réactions face au coronavirus sont une mascarade mondiale), au Nicaragua et aux Philippines (où le taux de décès est actuellement élevé) sont actuellement tous confinés ou ont suspendu en prévention une grande partie de leurs activités. Mais tous nos partenaires, quelle que soit la situation, continuent à travailler.

Le coronavirus tue, la dette aussi

Rappelons que dans la plupart des pays du sud, la crise permanente des services de santé est le résultat de près de quarante ans de politiques d’ajustement structurel imposées par la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI). Ces grands bailleurs de fonds ont conditionné leurs prêts à des politiques qui ont détérioré les systèmes de santé publique, en imposant des coupes budgétaires brutales. Suppression des postes de travail, des lits d’hôpitaux, augmentation du prix des médicaments, sous-investissements dans les infrastructures et les équipements, privatisations sont autant de mesures qui ont été appliquées par les gouvernements des pays débiteurs afin de rembourser la dette publique.
Aujourd’hui, dans 46 pays classés « à faible revenu », le budget annuel affecté au paiement de la dette est supérieur aux dépenses publiques dans le secteur de la santé. Entraide et Fraternité appelle donc à la suspension du paiement de la dette (avec gel des intérêts) et à l’annulation de certaines dettes. Des mesures importantes qui devraient compter parmi les mesures immédiates à prendre face à la pandémie (lire à cet effet notre analyse La gestion calamiteuse du Coronavirus par la Banque mondiale et le FMI)

Quentin Minsier





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