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15 octobre 2020  Actualités

Mobilisation pour les droits de l’homme aux Philippines !

La situation des Droits de l’homme aux Philippines se dégrade depuis l’arrivée au pouvoir du président Duterte en 2016.

Le harcèlement, les violences et assassinats d’opposants politiques et de militants sont devenus monnaie courante aux Philippines et sont justifiés par le gouvernement sous différents prétextes (lutte contre la drogue, liens supposés avec des organisations « terroristes », marquage « rouge » d’organisation de la société civile). Les espaces de parole pour les opposants au pouvoir sont réduits et des actions de manipulation de l’opinion publique sont mises en place. Tout cela crée un climat de peur dans le but de freiner les contestations politiques.

En juillet dernier, une nouvelle loi « Anti-terroriste » a été signée par Duterte. Cette loi vient remplacer la précédente loi anti-terroriste qui datait de 2007 (Human security act) que des sénateurs considéraient comme « obsolète ». Elle vise officiellement à faciliter le travail des policiers en charge de lutter contre le terrorisme. Le problème fondamental est que la notion même de « terrorisme » telle que définie par la loi est extrêmement large. Elle inclut « tout acte qui pourrait être associé à des crimes de droit commun comme la proposition, la menace, l’incitation, la conspiration et même la simple appartenance à une organisation qui peut causer la mort ou des blessures corporelles graves à des personnes ». Or, « en vertu de la loi, les personnes qui proposent, incitent, conspirent et participent à la planification, à la formation et à la facilitation d’une infraction à la loi, ainsi que celles qui fournissent un soutien aux « terroristes » tels que définis par la loi, ou qui recrutent des membres d’une « organisation terroriste », peuvent être condamnées à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle ».

On le voit, bon nombre de ces actes de « terrorisme » peuvent s’appliquer à de simples manifestations ou à des opposants. Or, le ciblage des « rouges » est justement de plus en plus répandu dans le pays, non seulement dans la police, mais aussi chez les militaires qui traitent tous les opposants comme des membres de groupes de gauche radicale. Une simple manifestation, un simple post sur facebook, tout ça peut maintenant être considéré comme des activités qui incitent au terrorisme. Les groupes de défense des droits humains et de nombreux avocats considèrent ainsi que cette loi va durement affecter la capacité des citoyens à pouvoir parler librement. Un autre aspect de cette loi concerne la possibilité donnée à un comité nommé par le gouvernement de déterminer la liste des suspects ou des organisations terroristes. Si vous vous trouvez sur cette liste, vous pouvez être arrêté sans mandat et détenu, sans motifs d’accusation pendant 14 à 24 jours sans obligation pour les agents de vous présenter à un juge pour qu’il évalue si vous a été soumis à des tortures physiques, morales ou psychologiques.

En août, les premiers effets de cette loi se sont fait sentir de manière tragique avec les assassinats de deux défenseurs des droits de l’Homme et membres de l’organisation KARAPATAN : Zara Alvarez et Randy Echanis.

Yesha Ramos, veuve de l’avocat Ben Ramos assassiné en 2018, était présente lors de la manifestation du 6 octobre devant l’Ambassade des Philippines.

Face à cette situation, Entraide et Fraternité se mobilise pour entreprendre plusieurs actions de plaidoyer. Nous nous organisons avec un groupe d’ONG belges (Viva Salud, Solidagro, CNCD 11.11.11, Quinoa), pour contester ces assassinats d’activistes politiques aux Philippines et pour contester la nouvelle loi « anti-terroriste » qui représente un risque important pour nos partenaires et pour tous les contestataires du régime de Duterte.

Dans ce sens, plusieurs actions ont été organisées :

  • Une mobilisation en ligne a eu lieu le lundi 14 septembre dans le cadre du Global Day of Action in the Philippines organisées par plusieurs membres de la société civile philippine.
  • Le 6 octobre dernier, une manifestation a eu lieu devant l’ambassade des Philippines. Une trentaine de personnes étaient présentes pour dénoncer les actes du gouvernement de Duterte.
  • Une rencontre avec des parlementaires belges et européens sera organisée le 6 novembre pour faire remonter les préoccupations de la société civile aux décideurs politiques.
  • Une mobilisation est prévue en date du 10 décembre, lors de la Journée internationale des droits de l’homme, dans le cadre de la campagne « Stop the Killings ».

Nous espérons que ces différentes actions puissent avoir un effet positif pour le respect des Droits Humains et de la démocratie aux Philippines.





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