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La Semaine du Passage

« C’est la Pâque, le passage du Seigneur ». Une semaine s’ouvre, une semaine toute entière pour nous laisser entraîner dans ce passage du Seigneur.

Tout commence par un accueil populaire enthou- siaste dans la ville sainte. Le peuple acclame celui qui va accomplir les promesses de justice et de paix. Mais la ville qui accueille sera bien vite celle qui rejette. Et Jésus pleure sur la ville : « Jéru- salem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme la poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n’avez pas voulu ! » (Mt 23, 36)

Au fil des siècles et jusqu’aujourd’hui, Jérusalem demeure à la fois ville de paix « où tout ensemble ne fait qu’un » (Psaume 126), où tous les enfants d’Abraham se retrouvent, et ville de guerre où ces mêmes enfants d’Abraham se déchirent. Et cette semaine-là, Jésus va entrer librement dans la profondeur de ce qui rassemble et divise les humains. En prenant le chemin des envoyés tués par cette ville, il va ouvrir un nouveau chemin vers la cité sainte, la Jérusalem nouvelle où la mort ne sera plus (Apocalypse 21, 2.4).

Une femme de Béthanie va pressentir que celui qui va subir la mort infâme est le véritable porteur de vie. Elle lui donne l’onction des rois, elle répand sur lui un parfum précieux qui annonce la Bonne Nouvelle d’une Vie qui triomphe de toutes les puis- sances de mort.

Quelques jours plus tard, c’est Jésus lui-même qui va donner trois signes à ses amis déboussolés. Le pain rompu, la coupe de l’Alliance qui est le sang versé pour la multitude, le geste du maître-servi- teur qui lave les pieds des siens. Par ces signes, Jésus fait de la vie qu’on lui arrache une vie offerte dans un amour qui va jusqu’à l’extrême.

Mais, si Jésus donne sa vie en homme libre, il ne va pas pour autant vers la mort en chantant. Ce soir-là, il se retire pour prier et supplier : « que cette coupe s’éloigne de moi ». Il invite ceux qui l’ont suivi à veiller avec lui, mais ils s’endormiront et bientôt l’abandonneront ou même le renieront. Comme nous pouvons nous retrouver et retrouver ce que vivent aujourd’hui tant de femmes et d’hommes, dans cette tristesse de Jésus à Gethsémani : « mon âme est triste à en mourir ».

Pour accueillir les signes de vie qu’il a laissés le jeudi soir, il faudra l’accompagner en ces lieux où la mort va triompher de toutes les espérances. Il est condamné, bafoué, exposé comme un maudit de Dieu. Et il lancera avec nous et pour nous ce cri si souvent lancé par des humains : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Et là, le voile du temple dont les chefs ont condamné Jésus, se déchire. Une nouveauté, une ouverture s’annonce au lieu même où on a voulu tout fermer, tout anéantir. Mais il y aura encore le lourd et long silence du saint samedi. Dieu se tait. Dieu est mort.

« La Parole en silence se consume pour nous. L’espoir du monde a parcouru sa route... Jésus meurt ». Seules quelques femmes, comme à Béthanie, ont tenu devant l’énigme du tombeau. Et elles y reviennent « alors que le premier jour de la semaine commence à luire ». La lumière comme au tout premier jour : « que la lumière soit ! ». Et les femmes partageront la nouvelle, elles porteront, comme si souvent, l’es- poir du monde. Et de plus en plus, des femmes et des hommes, des petits et des grands, des Noirs et des Blancs prendront cette route qui ouvre un chemin dans nos impasses.

L’itinéraire de Jésus en cette grande et sainte semaine est celui qui est offert à nous et à tous ceux et toutes celles qui sont dans les impasses de l’existence. Alors que la confiance est tellement fatiguée de nos jours, il nous prend par la main et nous entraîne avec lui, lentement, douloureuse- ment, mais certainement vers la lumière qui lève au matin de Pâques.





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