Abonnez-vous à notre infolettre

Recevez chaque mois des nouvelles de nos projets, nos évènements ou encore nos analyses en vous abonnant à notre infolettre

logo Entraide et Fraternité

La Belgique doit annuler la dette du Sud

par Renaud Vivien

L’endettement des pays en développement, qui s’est encore accru en raison du COVID-19, constitue un obstacle permanent dans leur lutte contre la pauvreté.

« L’endettement des pays en développement, qui s’est encore accru en raison du
COVID-19, constitue un obstacle permanent dans leur lutte contre la pauvreté. Un report
temporaire des paiements pour un nombre limité de pays en développement, comme
convenu lors du G20 et du Club de Paris sous l’impulsion de la Banque mondiale et du
FMI, ne suffira pas ». Cette phrase n’est pas extraite d’un communiqué de la société
civile, mais de la note de politique générale de la nouvelle Ministre de la coopération au
développement exposée devant les député.e.s le 19 novembre [1]. Ce constat reste malheureusement inchangé vu les orientations prises lors du dernier G20 ; de quoi pousser la Belgique à prendre des mesures beaucoup plus ambitieuses sur les dettes des pays du Sud si elle veut réellement être solidaire avec les populations, mais aussi respecter son propre accord de gouvernement [2].

La nouvelle fuite en avant du G20
Après un premier report décidé en avril 2020, les chefs d’État du G20 se sont mis d’accord le 22 novembre pour prolonger la suspension du paiement de certaines dettes jusqu’en juin 2021, tout en admettant que l’ampleur de la crise soit telle que des mesures allant au-delà de ce moratoire sont nécessaires, mais au cas par cas3.
Pourtant, il n’est toujours pas question d’annulation. En effet, le G20 privilégiera les rééchelonnements, c’est-à-dire l’étalement du paiement intégral de la dette dans la durée, si le moratoire devait être insuffisant. Ce dont on a déjà la certitude, puisque celui-ci a concerné jusqu’ici à peine 1,68% des remboursements dus en 2020 par l’ensemble des pays dits « en développement ». En prétendant que des réductions ne pourraient avoir lieu qu’à titre exceptionnel, le G20 fait semblant de ne pas voir l’océan de dettes dans lequel les populations du Sud se noient.


[2Une version courte de la présente analyse a été publiée sous le titre « Face à l’échec du G20, la Belgique doit
annuler la dette des pays du Sud », dans La Libre Belgique le 30 novembre 2020, accessible ici :
https://www.lalibre.be/debats/opinions/face-a-l-echec-du-g20-la-belgique-doit-annuler-la-dette-des-pays-dusud-5fc5097e9978e23b12ced4b6 Cette carte blanche a été co-signée par CADTM, CNCD-11.11.11 et OXFAM
Belgique.



Tags : Belgique Dette

Lire aussi

17 janvier 2022    Au fil des mois

Notre campagne « Annuler la dette pour sauver des vies »

Si la dette du Sud n’est pas un problème nouveau, il va en s’aggravant.
3 janvier 2022    Juste Terre !

Juste Terre ! n°186

Dans ce Juste Terre !, nous vous proposons un aperçu de notre nouveau programme ainsi qu’une rétrospective de notre campagne pour annuler les dettes du Sud. (...)
7 décembre 2021    Autres publications    Compte-rendu

Séminaire international sur la dette des pays du Sud et les droits humains

Le 19 novembre 2021 a eu lieu à Bruxelles le séminaire international sur la dette des pays du Sud et les droits humains, organisé par le Comité pour (...)

Retrouvez-nous sur : facebook twitter instagram youtube flickr