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Sens et foi   7 août 2019

Invitation de nos évêques à être gardiens de la création

Comme les chrétiens orthodoxes le sont déjà depuis 1989 et à la suite du Conseil Œcuménique des Églises, le pape François recommande depuis 2015, année de la parution de son encyclique « Laudato Si ! », que le 1er septembre soit reconnu comme Journée mondiale de prière et d’action pour la sauvegarde de la Création et que le mois de septembre soit considéré comme une Saison de la Création jusqu’à la fête de saint François d’Assise, le 4 octobre. Aussi, dans la lettre « Une Saison de la Création : créer un avenir pour la terre et tous ses habitants » qu’ils ont publiée le 10 juillet 2019, les Évêques de Belgique ont voulu « en union avec toutes les Églises chrétiennes, affirmer, approfondir et traduire en actes notre vocation de gardiens de la Création de Dieu » et en faisant le lien avec le Sommet climatique mondial du 22 septembre 2019 à New York. Voici quasi tout le texte de la lettre dans laquelle nos Évêques ont relevé successivement l’appel de « Laudato Si ! », des urgences actuelles, des perspectives d’avenir et des actions concrètes, ce qui pourra en facilite la diffusion.

L’appel de Laudato si !

« Plus que jamais, le contexte actuel nous presse à prendre au sérieux l’appel de l’encyclique « Laudato Si » à « unir toute la famille humaine dans la recherche d’un développement durable et intégral » (L.S.13). « La culture écologique devrait être un regard différent, une pensée, une politique, un programme éducatif, un style de vie et une spiritualité » (L.S. 111). La question écologique est une question sociale ; ce ne sont pas deux questions parallèles, mais imbriquées , car comme » dit le Pape, « tout est lié ».
« La question écologique concerne notre foi chrétienne : le Pape parle de « conversion écologique, qui implique de laisser jaillir toutes les conséquences de la rencontre des chrétiens avec Jésus-Christ sur les relations avec le monde qui les entoure. » ( LS 217). »
« Laudato si ! » dénonce « les attitudes qui font obstacle aux voies de solutions, (même parmi les croyants) comme la négation du problème jusqu’à l’indifférence, la résignation facile ou la foi aveugle dans les solutions techniques » (LS 14). L’expérience.de ces derniers mois nous dévoile combien la peur peut être un obstacle : que ce soit la peur liée aux incertitudes d’un changement si important ou la peur d’une diminution du niveau de vie de notre société aisée que nous tenons pour acquis, malgré notre empreinte sur les écosystèmes et la vie des populations du Sud.

Des urgences actuelles

« En mai 2019, le rapport de l’ONU sur la biodiversité a dévoilé qu’au niveau mondial, environ un huitième des espèces animales et végétales est menacé d’extinction. Seul un changement radical, dans tous les secteurs de la société, peut encore inverser ce processus.
« Fin 2018, le Groupe d’experts intergouvernementaux le climat ( GIEC, NDR) a examiné, en vue du Sommet en Pologne, les mesures nécessaires pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 ° C tel que prévu par l’Accord de Paris. Cela implique de « réduire de moitié les émissions mondiales de CO2 d’ici 2030 pour atteindre des émissions nettes nulles vers 2050’ » Nos gouvernants en charge de la politique pour les cinq prochaines années détiennent une responsabilité majeure. Cinq ans, c’est la moitié du temps imparti pou réduire de 50 % les émissions mondiales de CO2.. Le 22 septembre 2019, les dirigeants du monde entier sont attendus à New York pour une Sommet climatique extraordinaire où l’accroissement des ambitions en matière climatique est prioritaire dans l’agenda. Nus appelons avec insistance à élaborer des plans climatiques courageux et ambitieux, tant dans notre pays qu’au sein de l’Union européenne, pour sauver la vie des générations actuelles et futures.

Des perspectives d’avenir

« Les enfants et les jeunes appréhendent à juste titre cette menace qui plombe leu avenir.. Depuis plusieurs mois, ils ont mis sur pied le mouvement pour le climat, afin que les recommandations insistantes des scientifiques soient prises au sérieux et traduites en politiques climatiques efficaces et socialement équitables. Les organisations de lutte contre la pauvreté demandent des politiques climatiques qui n’engendrent pas de nouvelles pauvretés ou inégalités, mais incluent les groupes vulnérables dans la transition vers un avenir climatique durable.
« On souligne trop peu combien serait positive et porteuse d’espérance une transition menant à une prospérité nouvelle, différente et favorisant le bien être pour tous les peuples de la terre. Cela se passera si nous bannissons la pauvreté, partageons le monde, transformons l’économie, protégeons la nature et si nous vivons tous dans les limites écologiques d’une planète saine. Cette perspective porteuse est confirmée par les scientifiques qui peuvent nous indiquer les moyens d’y parvenir. Les rapports des scientifiques confirment qu’il n’est pas naïf de penser que nous pouvons sauver l’avenir de la planète. Même si le temps presse, nous pouvons encore sortir de la spirale de mort qui aspire notre monde. Le temps pour la Création est une chance qui nous est offerte de soutenir cette perspective exigeante et de créer un avenir pour la terre et tous ses habitants.

Des actions concrètes

« Le pape François conclut son encyclique « Laudato Si ! » ’ en disant : « Au cœur de ce monde,le Seigneur de la vie qui nous aime tant, continue d’être présent. Il ne nous abandonne pas, il ne nous laisse pas seuls, parce qu’il s’est définitivement uni à notre terre, et son amour nous porte toujours à trouver de nouveaux chemins. » (LS 245). Aussi encourageons-nous chacun à progresser dans la conversion écologique et à vivre selon la sobriété heureuse (l’ « éthique du suffisant »). Nous invitons les paroisses, associations, organisations et institutions à intensifier leurs efforts en établissant un plan climat pour faire de leurs immeubles des bâtiments passifs et à faible teneur en carbone, et à inclure le souci de la création dans toute la vue de la communauté. : « Il y a tant de choses que l’on peut faire ». Nous suggérons aux chrétiens de travailler ces sujets en groupe, en utilisant le canevas d’animation préparé sur ce thème (par le centre Avec et en annexe). Comme Jésus le demande, nous devons reconnaître les signes de notre temps (Lc 12,54-56) : « Quand vous voyez un nuage monter au couchant,vous dites aussitôt qu’il va pleuvoir, et c’est ce qui arrive. Et quand vous voyez souffler le vent du sud, vous dites qu’il fera très chaud, et cela arrive. Esprit faux ! L’aspect de la terre et du ciel, vous savez le juger ; mais le temps où nous sommes, pourquoi ne savez-vous pas le juger ? ».

Pour rappel, les Évêques de Belgique avaient publié en 2017 la déclaration « Populorum communio - la communion de peuples » pour les 50 ans de l’encyclique « Populorum progressio-Pour le Développement des Peuples » du pape Paul VI. Ils y indiquaient que, comme de nombreuses autres associations, Entraide et Fraternité-Miteinander Teilen et Broederlijk Delen invitent, avec leurs partenaires engagés sur le terrain, à contribuer à transformer le système économique actuel et à élaborer un nouveau style de vie, dans la ligne même de l’encyclique « Laudato Si ! ».

On pourra trouver les textes complets de ces déclarations épiscopales sur le site www.cathobel.be parmi les communiqués officiels.

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Le groupe « Chrétiens en Transition » a produit une « veillée Laudato Si’ » dont vous trouverez ci-joint le document pour l’animateur.





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