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Généalogie de la dette

en République démocratique du Congo

par Milan Rivié, Robin Delobel et Anaïs Carton, du CADTM

Alors que la République démocratique du Congo (RDC) dispose d’imposantes ressources minières (cobalt, cuivre, etc.), plus de 75% des Congolais·e·s vivent actuellement avec moins de 1,90 $US par jour. Largement dépendante des revenus qu’elle tire de ses matières premières, la RDC est toujours considérée par la Banque mondiale comme un pays à faible revenu.
En effet, près de 15 ans après le lancement de l’initiative « pays pauvres très endettés » (I-PPTE) dont a bénéficié la RDC, sa dette extérieure publique a certes baissé, mais le pays reste dépendant de « l’aide » extérieure conditionnée à l’application de politiques d’ajustement structurel (PAS). Ainsi, dans le contexte de la pandémie de Covid-19, la RDC est contrainte de recourir aux mesures d’urgence du G20 et du Fonds monétaire international (FMI), dont l’impact sera extrêmement faible. Le président de la RDC, Félix Tshisekedi, a alors appelé à l’annulation de la dette congolaise, lors du débat général de l’assemblée générale des Nations Unies du 22 septembre 2020.
Si le pays est aujourd’hui dans une telle vulné- rabilité, c’est qu’il supporte le poids de la colonisation et d’une dette illégitime insupportable pour la population congolaise. Près de 40 ans après la crise de la dette du tiers monde survenue en 1982, la RDC n’est pas encore libérée des conditionnalités politiques et économiques imposées par les bailleurs de fonds internationaux, en particulier la Banque mondiale et le FMI.




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