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Arbitrage : quand les entreprises transnationales bloquent la transition agroécologique

par Renaud Vivien

La mise en place d’une transition agroécologique « indissociable de la souveraineté
alimentaire » constitue une nécessité urgente pour nourrir l’humanité et préserver
l’environnement.

Une partie grandissante de la population en est consciente. En Belgique, les récentes mobilisations citoyennes contre le TTIP et le CETA et celles en faveur de l’adoption d’une « loi climat » démontrent qu’une frange importante de la société est prête à rompre avec la logique économique qui fait primer le profit d’une minorité sur les droits humains et l’environnement. L’État belge, quant à lui, semble tarder à prendre des décisions dans ce sens.

En effet, la révision de la Constitution belge qui aurait pu permettre l’adoption rapide d’une « loi climat » fut rejetée en mars 2019 tandis que l’État continue de conclure des traités de protection des investissements étrangers, servant ainsi les intérêts de géants économiques, y compris l’industrie agro-alimentaire. Cette industrie, dominée à l’échelle mondiale par une poignée d’entreprises, alimente un système agroalimentaire destructeur. Celui-ci constitue le premier secteur émetteur de gaz à effet de serre. Il est aussi responsable de causer la malnutrition et de détruire l’emploi dans le secteur agricole. 821 millions d’individus souffrent encore de la faim et plus de 2 milliards sont en surpoids. En Belgique, 450 000 personnes ont recours à l’aide alimentaire. Selon le Mouvement d’action paysanne (MAP), le choix politique de soutenir l’agriculture industrielle a entraîné la disparition de 38 000 emplois en Belgique entre 1980 et 2016. Le secteur de l’agroalimentaire est également le plus meurtrier pour les défenseurs des droits humains. En 2018, 321 défenseurs des droits des paysans ont été assassinés dans 27 pays.




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