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9 mars 2022  Actualités

Covid-19 et climat

À Madagascar, la sécurité alimentaire est mise à rude épreuve

La pandémie liée à la Covid-19 n’épargne pas Madagascar.

En effet, tous les problèmes structurels auxquels Madagascar devait faire face avant la pandémie de Covid-19 ont été exacerbés par l’épidémie dont l’impact économique, social et budgétaire risque de se faire sentir sur le long terme. Selon un rapport de la Banque mondiale rédigé en 2020, un quart des ménages malgaches sont désormais en situation d’insécurité alimentaire. En cause : la pandémie, mais aussi les changements climatiques, responsables directs de la famine qui sévit au sud de l’île.

Covid-19

En février 2022, les statistiques faisaient état d’environ 60.745 cas et 1.307 décès mais, pour beaucoup, ces chiffres officiels sont largement sous-estimés. Compte tenu du manque de fiabilité des données officielles, l’impact sanitaire direct de la pandémie est cependant difficile à évaluer à ce stade. Ce qui est certain, en revanche, c’est que les mesures nécessaires prises par le gouvernement ont perturbé l’ensemble des activités économiques et aggravé les difficultés de la population.

Selon le coordinateur d’Entraide et Fraternité à Madagascar, Jean Andriamihaja Randriamboahary, l’annonce du premier cas avéré de Covid-19 à Mada- gascar a fortement favorisé l’exode urbain. « Face au spectre de la famine due à la pandémie, les travailleurs et travailleuses pauvres des villes ont choisi de fuir vers les campagnes pour vivre des produits des terres de leur famille restée au village. » Cet exode a généré une forte pression pour les familles paysannes, qui ont vu le nombre de bouches à nourrir fortement augmenter (de 6-8 personnes à 20 personnes). Compte tenu des difficultés à se procurer des aliments sur les marchés à cause des mesures prises par les autorités, ces familles se sont rapidement retrouvées sans stocks suffisants. Les semences de la prochaine campagne culturale ont dû être consommées. « On craint une insécurité alimen- taire sévère pour les ménages ruraux s’il n’y a pas de mesures prises pour les aider » nous explique-t-il.

Enfin, seulement un mois après la mise en place de l’état d’urgence sanitaire en avril 2020, l’Alliance Voary Gasy, qui regroupe les organisations œuvrant dans la protection de la biodiversité, déplorait une recrudes- cence des crimes environnementaux : charbonnage, cultures de céréales, de cannabis ou encore extraction minière dans les aires protégées, coupe et trafic de bois précieux, vente de tortues en danger d’extinction, etc. Si Madagascar souffrait déjà de ces fléaux avant la pandémie, ceux-ci se sont intensifiés depuis la crise (sociale et économique). Ce phénomène se constate sur l’ensemble du territoire. Les trafiquants sont notam- ment en cause. Ceux-ci profitent du service minimum de l’administration pour piller les ressources natu- relles. La population, appauvrie, qui vit à proximité de ces ressources a également sa part de responsabilité dans cette mise en danger des ressources naturelles.

Quand le réchauffement climatique provoque une famine

Le sud de Madagascar est en proie à la pire sécheresse depuis quatre décennies avec plus d’un million de personnes en situation d’insécurité alimentaire et 400.000 personnes menacées par la famine ! Cette situation dramatique n’est causée ni par une guerre ni par un conflit, mais bien par le changement climatique. Il s’agit même, selon les Nations Unies, de la première crise de la faim causée par le réchauffement clima- tique, un comble pour une région du monde qui n’y a en rien contribué, mais qui en paie maintenant les lourdes conséquences.

Madagascar figure, en effet, parmi les trois pays les plus vulnérables aux changements climatiques : cyclones, inondations, sécheresses et invasions de criquets sont devenus récurrents, ravageant les récoltes, mettant de plus en plus souvent à mal les faibles revenus des ménages et ponctionnant toujours plus les budgets publics.

Des projets concrets pour freiner ce cycle infernal

Dans le nord et le centre du pays, Entraide et Fraternité met en œuvre avec ses partenaires malgaches des projets concrets pour freiner ce cycle infernal. Un de ces projets est l’érection de barrages.

Pourquoi construire un barrage ?

Un barrage garantit une meilleure maîtrise de l’eau, notamment en cas de sécheresse, et permet ainsi une meilleure productivité agricole (création de rizières et cultures de contre-saison).

Il permet de retenir les eaux lors des fortes crues, protégeant ainsi les habitations et les cultures.

En outre, il diminue les conflits sociaux liés au partage de l’eau et est un outil pour l’émancipation des femmes qui, libérées des longs trajets pour aller chercher de l’eau, pourront s’adonner à des activités génératrices de revenus.





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