Pour que la Terre tourne plus JUSTE !
RSS

Visites et rencontres à Butare

Bien arrivé à Butare le samedi 10 janvier 2015

PNG - 1.2 Mo

Après une étape intermédiaire à Nyanza dans un collège secondaire accueilli par l’abbé Rémy qui a effectué une partie de sa formation en Suisse et qui connaît bien Maredsous, je suis bien arrivé à Butare le samedi 10 janvier 2015. La route N1 vers Bujumbura est en excellent état avec moins de trous qu’en Belgique ... et des trottoirs qu’envieraient les riverains de la rue de Dave à Jambes ! Bien sûr, toutes les routes ne sont pas pareilles ! De nombreux enfants accourent lorsqu’ils me voient et m’offrent leurs sourires. Certains me demandent "monney" ; gentillement je leur fait comprendre que je ne suis pas venu pour "les assister" ... mais je ne suis pas sûr de me faire comprendre. Plusieurs personnes m’interpellent gentiment en Français ou en Anglais. Je croisent d’autres vélos avec d’énorme charges (régimes de bananes, bidons d’eau, casiers, paquets en tout genre, denrées agricoles). Dans les dures côtes, je ne vais guère plus vite qu’eux ... malgré, depuis Cyeza, un sac en moins, contenant le matériel de camping, que Eugène Niyigena, le responsable d’Aprojumap va m’amener à Butare. Deux fois, une personne a lu le nom de "Nelson Mandela" à l’arrière du vélo et semblait connaître ce grand homme. Pour Rémy de Nyanza, Nelson Mandela était un "grand politicien" ... les autres sont corrompus, dit-il ! ... Un avis à nuancer peut-être !

PNG - 928.8 ko

La méthodologie de l’APROJUMAP (Association pour la PROmotion des JUmelages et l’Amitié entre les Peuples) cette ONG, financée par Entraide et Fraternité / Belgique, est apparentée à celle d’ATD-Quart Monde, fondée à Paris par le Père Wrezinski (rappelons-nous le film "Joseph, l’insoumis" de 2011) : la pauvreté n’est pas une fatalité, ni "une malédiction", comme me l’explique Eugène, qui travailla précédemment pour l’Association Belgique-Rwanda ; ceux qui en souffrent, que ce soit en Europe ou en Afrique, ont le Droit de s’en sortir. C’est par un long travail de conscientisation que Eugène, ancien scout, a mis sur pied cette ONG dès 1998. Dans les villages où les plus pauvres sont directement et prioritairement concernés par ce mouvement, chaque semaine un jour de travail solidaire communautaire est mis sur pied avec une tournante par village. Personne n’est oublié et chacun devient acteur de son propre développement, dans cette lutte contre l’extrême pauvreté. Une fois par mois, une réunion d’évaluation donne la possibilité à chacun de s’exprimer.

L’aide se fait sur divers plans : des micro-crédits (par exemple, une chèvre, "prêtée" en "crédit rotatif" jusqu’à ce qu’elle donne un chevreau, lequel reste propriétaire de la famille) ; des conseils sur l’utilisation des intrants et sur l’agriculture familiale et durable ; la fabrication de briques pour une maison plus solide, etc.

Mardi 13 janvier 2015 - visite des projets de l’APROJUMAP

PNG - 1.1 Mo

De bon matin, nous arrivons, avec Eugène, dans le village de Rustira, à 15 kms au Nord de Butare, au moment où plusieurs personnes se sont donné rendez-vous pour un jour de travail en commun chez un des leurs. De cette façon, le travail qui lui demanderait un mois s’il le faisait seul sera déjà terminé ce soir ... et la prochaine fois, ils iront dans une autre plantation.

Nous descendons dans la vallée et rencontrons une famille en train de récolter le riz. Le couple sans enfants peut compter sur l’aide des enfants des voisins pour ce travail. Ils font partie de la coopérative avec 470 autres familles qui leur assure par exemple un local où il peuvent faire sécher le riz. En fin de visite nous découvrons le local flambant neuf financé récemment par Entraide et Fraternité.

Ensuite, nous assistons à la construction d’un potager familial qui a pour but d’aider chaque famille à produire une variété de légumes pour une meilleure alimentation ainsi que des plantes destinées à l’alimentation du bétail qui en même temps empêchent l’érosion des sols.

Deux exemples du crédit rotatif. Un bouc excellent reproducteur (viandeux) a été importé de l’Ouganda. Depuis son arrivée, il a déjà engendré de nombreux chevreaux dans le village. D’autre part, comme au temps de la monarchie Rwandaise, quand le Roi prêtait des vaches aux familles, celle du village que nous visitons prend soin de la vache reçue en prêt jusqu’à ce que naisse le premier veau, lequel reste dans la famille. En les quittant, je reçois quelques fruits de la passion ... dont la saveur me rappelle le Brésil des années 1970 !

PNG - 1 Mo

En rentrant à Butare, nous visitons un salon de coiffure. APROJUMAP effectue également des prêts à de petites initiatives génératrices de revenus comme également des prêts aux étudiants et étudiantes pauvres qui ne peuvent se payer des études. Nous avons rencontré une jeune fille qui termine son secondaire et espère étudier à l’université de Butare.

Un grand merci à Eugène et aux deux personnes qui nous ont accompagnés dans cette visite riches en découvertes ... solidaires.

Rencontre de Gaspard, professeur de géographie à l’université de Butare.

Une soirée passée autour de brochettes de chèvres (ce que les Rwandais apprécient particulièrement) en compagnie de Gaspard Manyiziri, qui a terminé un doctorat en géographie à l’université de Pau sous la direction de mon ami des Andes et grand cycliste de par le monde, André Etchelecou.

Léon Tilleux





A lire aussi