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21 juin 2013

Caritas Antsirabe

Visite de Madagascar

Père Justin Ranaivomanana

Ce vendredi 21 juin, nous avons accueilli dans nos bureaux, un de nos partenaires malgaches, le Père Justin Ranaivomanana, directeur de Caritas Antsirabe.

Nous avons eu le plaisir d’écouter son témoignage sur l’engagement de Caritas dans le programme de souveraineté alimentaire et d’augmentation des revenus des ménages, qui concerne 4500 communautés ecclésiales de base et 170 organisations paysannes.

« Nous travaillons sur l’augmentation des produits agricoles pour que les gens puissent être autonomes et prendre en main leur propre développement. Il est important que les gens aient de quoi manger. Il y a énormément de productions aujourd’hui et, en particulier, là où il y a des hydroagricoles (ponts, barrages…). Les hydroagricoles permettent de produire beaucoup, et avec de la qualité ! C’est grâce à l’appui d’Entraide et Fraternité que nous avons ce barrage et ce pont. 56% des familles bénéficiaires sont aujourd’hui autonomes au niveau alimentaire. Une autre fierté concerne aussi l’implication des gens. Jésus disait : ’Je suis venu pour que vous ayez la Vie’. Les gens prennent cela très au sérieux. Ils veulent prendre leur vie en main, ils sont conscients que l’homme doit vivre bien et de manière décente. Ils veulent participer à leur propre développement.

En ce qui concerne l’augmentation des revenus des ménages, nous leur apprenons à gérer les stocks après les grosses périodes de récoltes. Nous les éduquons à cette problématique, à la commercialisation de leurs produits. Par exemple, pour le moment, c’est une grosse période pour la récolte de riz. Nous les conseillons. Pour pouvoir augmenter leurs revenus, il est préférable de stocker le riz et de le vendre à un prix plus élevé entre octobre et février. A cette période, les riches peuvent se permettre d’acheter le riz à un prix beaucoup plus élevé qu’en pleine saison de récoltes.

Nous avons des fiertés mais nous avons aussi des difficultés. Nous manquons de moyens suffisants par rapport aux besoins demandés. Au total, il y a 26 districts. Il nous est impossible de couvrir la totalité de ces districts en même temps. C’est pourquoi, nous nous sommes concentrés sur 17 districts. Mais tout le monde veut être à la première place. C’est impossible de pouvoir contenter tout le monde.

Une autre difficulté est qu’il y a aussi certains bénéficiaires qui ne sont pas persévérants. Ils pensent que l’action de développement se fait en une fois. Ils ne se rendent pas compte qu’il faut du temps pour changer les mentalités.

Une troisième difficulté concerne le niveau, la capacité intellectuelle des gens. Ils ne comprennent pas les choses facilement. C’est pourquoi, nous avons mis en place des champs « modèles » agricoles pour qu’ils aient une vision concrète.

A Madagascar, nous avons différents phénomènes qui nous affectent. Les criquets, par exemple, sont très présents à l’ouest de Madagascar. Ils peuvent ravager, en une nuit ou en une journée, 2 à 3 hectares de terre. C’est catastrophique. Il y a aussi beaucoup d’inondations et, également, une crise politique.

En 2009, nous avons eu un coup d’État. La communauté internationale a suspendu les aides, l’investissement. Conséquences : un taux de chômage très élevé et une augmentation du nombre de vols et d’insécurité. Le coût de la vie a donc fortement augmenté. Beaucoup d’usines et de magasins ont fermé. Et il y a de moins en moins de produits sur les marchés. Les gens en brousse sont également touchés par tout cela. Les paysans sont obligés de garder leurs champs la nuit, ce qui les empêche de travailler le jour pour cause de fatigue. Cela réduit donc considérablement la production.

Au nom de Caritas, je remercie Entraide et Fraternité pour le soutien et l’aide apportés pendant toutes ces années. J’espère que cela va continuer dans le futur. Si nous sommes arrivés à ce stade, c’est grâce à vous ».





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