17 décembre 2015  Actualités

Un accord insuffisant et potentiellement dangereux

COP 21

Bien qu’on doive se réjouir d’avoir réussi à garder 195 pays autour de la table, l’accord qui est sorti samedi dernier est un socle minimum largement insuffisant et qui éveille nos inquiétudes.

L’accord n’est pas bon et n’allez pas croire ce qu’en disent nos dirigeants et les médias. Nous sommes en 2015, c’est 21ème conférence du genre qui se clôture, l’urgence n’est plus à démontrer et la situation climatique devient de plus en plus alarmante. Ainsi, non seulement l’accord est insuffisant pour relever les défis climatique mais en plus il éveille nos inquiétudes parce qu’il contient toute une série d’éléments qui sont dangereux : autant de brèches pour d’éventuels violation des droits de l’Homme, accaparements de terre et surtout fausses solutions proposées par les multinationales et l’agrobusiness qui n’ont d’autre but que le profit au détriment du bien-être commun.

Nous regrettons que l’Accord soit très peu contraignant : c’est-à-dire que sa réalisation est obligatoire pour les pays qui le ratifient, sans pour autant entrainer des sanctions en cas de non-respect du texte… à l’heure actuelle, seuls les traités de libre-échange, négocié au profit du monde des affaires s’accompagnent d’une batterie de sanctions… La communauté internationale n’est pas encore prête à subordonner la sacrosainte croissance aux nécessités de la lutte contre le réchauffement climatique. Du moins, la consommation à la mode occidentale est remise en question à demi-mots…

Objectif 1,5°C. L’ambition de l’accord est de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C par rapport au niveau de 1850. C’est une nette évolution qui répond à la demande de la société civile et de nombreux scientifiques. Malheureusement, si l’objectif est ambitieux, l’accord ne se donne aucun moyen sérieux d’y parvenir et concrètement aujourd’hui, les engagements des Etats nous mènes vers 3°C de réchauffement climatique, c’est-à-dire un scénario de chaos.

Droits de l’Homme, sécurité alimentaire et droits des peuples indigènes apparaissent pour la première fois comme des priorités dans le préambule de l’accord. Mais attention, il ne faut jamais se fier à un préambule. Simple emballage dans un but de communication, il n’a aucun pouvoir contraignant…

N’oublions jamais que le changement vient d’en bas, la justice climatique est dans la rue, dans les alternatives, en chacun de nous. Nous continuerons à lutter, toujours pleins d’espoir !

Dès lors, Entraide et Fraternité appelle à continuer la mobilisation pour une réelle justice climatique et sociale et un changement profond dans notre manière de produire, de consommer et de vivre ensemble.





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