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17 juillet 2018  Actualités

Tension sans cesse grandissante au Nicaragua et en Haïti

Le Nicaragua et Haïti sont deux des pays d’Amérique centrale où Entraide et Fraternité est très actif. Dans ces deux pays, ses partenaires sont de plus en plus inquiets car la situation ne cesse de se dégrader depuis quelques jours. Comment et pourquoi ?

NICARAGUA

Les derniers événements. Le weekend qui vient de s’écouler a été sanglant dans le sud du pays : les forces gouvernementales ont pris d’assaut plusieurs localités. Le bilan pour le dimanche 15 juillet fait état d’au moins 10 morts (dont 6 civils, parmi lesquels 2 mineurs) et 20 blessés. Des paramilitaires ont aussi pris pour cible la voiture d’un évêque, Mgr Mata, qui est un des médiateurs de l’Église entre le pouvoir et l’opposition. La ville rebelle de Masaya est encerclée, elle est considérée comme le centre la contestation.
Comment en est-on arrivé là ? Les choses ont commencé à dégénérer à partir du 18 avril dernier. A ce moment, la contestation était encore purement sociale : des pensionnés, soutenus par les étudiants, manifestaient contre la réduction de leurs retraites. Depuis, ce projet a été abandonné mais la contestation a pris un autre tour contre le président Daniel Ortega, jadis opposant à la dictature mais qui occupe le pouvoir depuis 2007 après l’avoir déjà fait de 1979 à 1990. L’opposition, qui le traite de « dictateur corrompu » (sa femme est vice-présidente !), exige son retrait ou au moins des élections anticipées.

HAÏTI

Les derniers événements. Le premier ministre Jack Guy Lafontant, médecin inconnu du monde politique il y a quelques mois encore, a démissionné samedi comme l’exigeaient les parlementaires depuis quelques jours. Des manifestants ont également demandé ce weekend le départ du président Jovenel Moïse. Celui-ci a annoncé la constitution d’un nouveau gouvernement dont le but sera de « soulager la misère ».
Comment en est-on arrivé là ? Le 6 juillet dernier, le gouvernement haïtien annonçait un train de mesures nées de recommandations effectuées par le FMI (Fonds monétaire international). Celui-ci prônant la suppression des subsides aux produits pétroliers, une hausse des différents pétroliers de 38 à 51 % a immédiatement provoqué une grève des taxis et des mini-bus, indispensables aux déplacements de la population, et l’installation de barricades sur les routes. Des pillages et des incendies volontaires ont accompagné la grogne sociale. Entre-temps, le FMI a revu sa copie et recommandé que la suppression des subsides publics se fasse de manière progressive.





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