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Transafrica 2016 - Message 18

Suite de l’aventure et de l’accueil en Afrique du Sud

En cherchant en vain un camping, je finis par trouver.

Samedi 30 janvier, je quitte la famille qui m’a accueilli pour une nuit dans son jardin. Un petit café et trois fois deux litres d’eau filtrée pour la route. Une carte de GSM ("Cell phone" en anglais), quelques réserves (pain, pâtes, corned beef, biscuits, bananes) et me voilà parti vers le Sud. A peine sorti de la ville, une camionnette fait demi-tour. Un Sud-Africain noir distingué me demande s’il peut me prendre en photo avec lui. Il me donne son numéro de GSM à la ville (Polokwane) située à 200 km ("please contact me") ... et au moment de me quitter, me donne un billet de 100 rands (soit environ 5 Euros) pour aller boire un verre !

La suite est un peu plus dure. Le monsieur blanc qui m’avait accueilli m’avait dit qu’il y avait un camping après 40 kms ... et bien non, après 60 kms toujours rien, rien que des fils de clotures (dont certains électriifiés pour dissuader les entrants et les sortants) des deux côtés de la route, pas la moindre maison, des lodges pour safaris à des kms sur une route en terre ... non merci ! Le soir s’annonce et je ne trouve rien. Je me renseigne auprès des gardiens de dépôts de matériaux divers, il y a une station d’essence "dans quelques kms". Cela me parait long surtout que depuis longtemps, c’est un faux-plat montant ! Puis soudain la station d’essence apparait, ce n’est pas un mirage. Elle est fermée mais il y a un gardien, un homme très gentil qui accepte que je plante ma tente. Il veillera sur moi. En effet, pas question de camping sauvage comme en Belgique ou en France ou dans le désert d’Atacama. Des avis explicites de la police (voir photo) invitent les camionneurs à ne pas s’arrêter la nuit en dehors des zones réservées pour eux avec des grillages électrifiés. Je passerai la nuit l’esprit tranquille après avoir fait de la place parmi un tas de brols. Le soir tombe ... enfin c’est un euphémisme, j’ai planté ma tente en dessous d’un gros spot qui ne s’éteindra qu’au lever du jour ! Levé à 5 heures, je démarre à 6 h. Il fait frais.

Un col de 20 kms. Pas trop dur, mais long quand même : je mettrai 4 heures pour cette distance. Deux tunnels ouverts en 1961 par un certain Verwoerd, nom Afrikaans. A l’intérieur, un bruit assourdissant quand un camion s’y engouffre. Le camionneur du lourd "truck" qui me suit, attend patiemment que je sois sorti du premier tunnel. "Thanks you" ! Vers 10h30, je bifurque vers une vielle ferme où il est possible de faire du camping. Il est encore tôt mais je ne rate pas l’occasion qui doit être très rare. Après m’être rafraichi dans la piscine, j’allume un feu pour me cuire des pâtes. La suite de la journée : repos ...bien mérité. En une semaine, j’ai dépassé les 700 kms ... je peux ralentir un peu ! Pour la seconde fois - la première c’était en 2009 au nord de Salta en Argentine - je passe le tropique du Capricorne, je me rapproche ainsi petit à petit du pôle Sud ... mais c’est encore loin ! Et puis comme diraient certain(e)s, il me faudra un pédalo pour continuer au-delà de Durban !

Lundi 1er février, la recherche d’un endroit sûr est un peu compliqué. L’on me renseigne un ancien motel à 5 km. Il y a bien un jeune qui le garde le jour mais pas la nuit. Je n’ose pas - à 17h - me lancer dans les 50 kms restant jusqu’à la ville de Polokwane (anciennement Pietersburg). "Only bush" me dit le jeune ... aucune maison ni pompe à essence. Je fais demi-tour et reviens au lodge où j’avais demandé le prix ... trop élevé pour mon budget. J’explique aux gardiens du bar attenant que je cherche un endroit sûr pour monter la tente. Finalement nous tombons d’accord pour 100 rands, l’équivalent payé au camping de la nuit précédente, pour un coin du bar pas trop éclairé. Accès aux toilettes, eau chaude à disposition pour une soupe et des nouilles "asiatiques". La nuit sera plus ou moins bonne, les gars n’éteignant leur télé que tard ou plutôt le matin ... Au moment du départ, à 5 heures, un des deux gardiens dort encore. Nous nous quittons ... le soleil radieux ne tarde pas à se lever.

Contrastes entre le post-apartheid et l’insécurité ambiante.

En passant près d’une école, les enfants étant en récréation, quelques-uns s’approchent du mur pour me saluer. Deux filles blanches et deux filles noires en pleine harmonie dans une Afrique du Sud qui vit plutôt bien son post-apartheid même si tout n’est pas parfait ... est-ce parfait en Belgique, pour nous et nos communautés respectives avec X, Y et Z ... ? Toutefois entre eux et moi, entre l’objectif et leurs visages, des fils barbelés - très visibles sur la photo autour de la tête des enfants - ne semblent pas inquiéter nos adorables fillettes. Toutefois la réalité de l’insécurité - comme déja dit - me pousse à être très vigilant dans un pays réputé pour son nombre important de crimes par habitant. Les maisons sont pour la plupart - même les "moyennes" - entourées de barbelés comme au champ d’aviation de Florennes. Un avis très explicite avertit les candidats voleurs : "arm response" (voir photo). Le message de non-violence de Nelson Mandela (voir interview de John Stewart, message n° 17) est plus que jamais d’actualité !



A2 Post apartheid et insecurite A3 Post apartheid et insecurite A4 Contraste A4 insecurite Afr Sud A5 Insecurite Afr Sud B1 Tunnels Verwoerd Afr Sud B2 Tropique Capricorne Afr Sud RSCN2311 RSCN2315 RSCN2316 SSCN2256 SSCN2317 SSCN2377 SSCN2378 SSCN2380 SSCN2382 SSCN2383 SSCN2384 SSCN2513 SSCN2514 SSCN2515 SSCN2516 SSCN2517 SSCN2518 SSCN2519 SSCN2520 SSCN2521 SSCN2522


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