11 septembre 2014  Actualités

Sous la misère, la mine d’or !

Guatemala

De retour de sa visite épiscopale, Mgr Jousten témoigne

Une population qui demande à être entendue !

Une population qui demande à être entendue !

La population guatémaltèque, une des plus pauvres d’Amérique, vit sur un coffre-fort ! En effet, le sous-sol de ce pays regorge de gisements miniers, lesquels attisent bien des convoitises : mines d’argent ou d’or, on ne compte plus les projets menés par des multinationales (souvent nord-américaines) avec le soutien de la classe dirigeante du pays.

Parallèlement à cette industrie, la population subit des « dégâts collatéraux » qui ont pour nom : confiscation des terres, déboisements massifs, pollutions des eaux et des sols, menaces et violences à l’encontre des opposants et des défenseurs des droits humains. Ceci, bien sûr, sans voir la couleur des bénéfices des activités minières.

Afin d’apporter un soutien aux victimes de ces situations, une délégation d’évêques s’est rendue au Guatemala,du 22 au 27 juin dernier. Elle y a, notamment, rendu visite à la communauté de La Puya où, le 23 mai dernier, la police réprimait très violemment des manifestations contre le projet minier Exminga.

Evêque honoraire de Liège, Mgr Aloys Jousten faisait partie du voyage. A son retour, il donnait ses impressions personnelles.

« Notre mission avait pour but d’apporter un soutien moral à la population indigène dans son combat pour un plus grand respect de sa dignité, de sa culture et pour plus de justice dans la répartition des terres. Le problème des sociétés étrangères implantées dans ce pays est grave. Outre les entreprises minières, d’autres sociétés déboisent des superficies énormes pour y planter des palmiers à huile ou pour cultiver la canne à sucre qui servira à faire des biocarburants. La culture Maya et les intérêts de la population locale ne les préoccupent guère.
Au Guatemala, je me suis également rendu compte que la situation des filles et des femmes constituait un problème social très important. L’homme a vraiment tous les pouvoirs.
Dans ce domaine, il y a encore beaucoup de progrès à réaliser.
Mais nous avons aussi rencontré des femmes qui osaient prendre la parole et défendre leurs droits. La rencontre avec des épouses et des mères de victimes du génocide dans les années ‘80 fut un moment très fort de notre séjour dans ce pays ».

Gageons que cette initiative aura renforcé les liens solidaires entre les défenseurs du petit peuple guatémaltèque et leurs amis aux quatre coins du monde !





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