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2016 La seconde partie   26 janvier 2016

Transafrica 2016 - Message 16

Retour à Harare au Zimbabwe

Début de la seconde partie "On the road again with Nelson Mandela"

Janvier 2016 : deux semaines au Zimbabwe avec Danielle ... sans son vélo.

Bien accueillis par le couple John Steward - Kathy Bond à Harare (dont j’ai décrit les multiples engagements humains et sociaux dans le message n° 11 en 2015), nous louons une voiture afin de visiter les sites les plus importants de ce Zimbabwe qui fut, du temps de la Rhodésie du Sud, un grenier pour toute la région et un pays africain particulièrement développé.

Comme déjà dit dans mon dernier message de la Transafrica 2015, ce pays n’est plus que l’ombre de lui-même. Avec en plus d’énormes problèmes dus à la dérégulation climatique : les pluies qui devaient arroser les champs depuis novembre viennent seulement d’arriver. En Zambie toute proche également - selon le dernier message de Pierre Ruquoy (responsable de l’orphelinat "Sunflowers") - la situation est catastrophique. Suite à ce manque d’eau, les réserves de maïs - source principale de la nourriture quotidienne - diminuent drastiquement tout comme la hauteur des lacs des barrages alimentant la production d’électricité. Celle-ci a vu son prix quadrupler !

Le Grand Zimbabwe, site historique exceptionnel, témoin d’une civilisation très ancienne - le site archéologique le plus important d’Afrique Subsaharienne.

Dimanche 10 janvier, nous avons parcouru ce site dont les ruines découvertes en 1868 représentent un témoignage frappant de la puissance de la civilisation bantoue, au début du second millénaire. Ayant connu une période florissante entre le XIème et le XVème siècle, époque à laquelle elle entretint de fructueuses relations marchandes avec les commerçants swahilis (on a retrouvé des fragments de porcelaine de Chine, de bijoux indiens et de poteries persanes), la capitale de cette cité médiévale fut victime de son succès et manqua rapidement de ressources naturelles pour nourrir une population sans cesse en augmentation.

Entre le XIIIème et le XVème siècle, le "Grand Zimbabwe" fut la capitale à la fois religieuse et séculière d’un très grand royaume. Nous avons été impressionnés par ce cadre grandiose et avons été frappés par la technique de construction utilisant des pierres assemblées sans mortier comme le firent - vraisemblablement à la même époque - les Incas au Pérou ou encore bien avant eux, les constructeurs du "mur paiën" au pied du Mont St-Odile en Alsace. Aujourd’hui ces "murailles" hautes de plusieurs mètres tiennent encore debout ... majestueusement dans un cadre de forme elliptique de plus de 250 mètres de circonférence (voir les photos).

Visites de parc animaliers ... et rencontres peu habituelles. De vrais "simbas" à quelques mètres !

Ayant visité quatre parcs animaliers (le parc "Kyle" situé non loin du "Grand Zimbabwe", "Matopos" où l’Anglo-Sud-Africain Cécil Rhodes voulu être enterré, le parc "Hwange", le plus étendu du Zimbabwe et le parc Chobe au Botswana) voici un premier bilan de notre tableau de chasse ... rassurez-vous, uniquement photographique :
- un rhinocéros blanc (au parc Kyle) croisant notre route par hasard sans se soucier nullement (heureusement) de notre présence ;
- une chasse ’toujours photographique" de deux rhinocéros ("noirs" ?) avec un guide et deux rabatteurs dont un armé d’un fusil, protection humaine oblige ;
- le dépeçage au petit matin, par une horde de chiens sauvages ("painted dogs") d’un koudou tué à l’aube par ces chiens très voraces ... mais heureusement fuyant les humains ;
- quatre lions (au parc Hwange) se promenant nonchalament devant nous, sans se soucier nullement de nous, y compris pour satisfaire leur appétit conjugal (si l’on peut utiliser ce vocable pour des animaux) ;
- trois lions (au Botswana) rencontrés au moment de leur sieste, nullement dérangés par notre incursion et intrusion (très courtes heureusement) de leur territoire et milieu de vie (remarque pour une fois, je n’étais pas seul à vélo mais accompagné d’un guide et d’un véhicule) ;
- de nombreux impalas, antilopes, gnous bleus, zèbres, girafes, buffles ... éléphants s’approchant doucement (sans danger nous rassure notre guide) avec leur masse imposante à quelques mètres du 4x4 ;
- des hippopotames endormis en groupe dans l’eau du Zambèze ou broutant l’herbe en dehors de ce fleuve, marquant la frontière successivement entre le Botswana et la Namibie puis entre la Zambie et le Zimbabwe ;
- de nombreux oiseaux multicolorés et d’autres animaux (chacal, autruches), reptiles et crocodiles ("du Nil") ... au bord du Zambèze.

Les chutes de Victoria Falls.

Le grand explorateur écossais Livingstone (1813-1873, médecin, missionnaire protestant qui lutta contre l’esclavagisme) dont la statue trône non loin de ce site exceptionnel, découvrit ces chutes, les plus importantes au niveau mondial - avec ou après, selon les points de vue - celles du Niagara aux Etats-Unis et d’Iguaçu (Brésil/ Argentine). En cette période de l’année, le niveau des eaux du Zambèze n’étant pas trop élevé, ces chutes sont aisément visibles alors qu’en d’autres périodes, seule une immense vapeur d’eau émerge du site. Rencontre très intéressante de Pierre, un Canadien qui avec son superbe accent nous a décrit ses multiples voyages effectués chaque année de décembre à avril dans les continents du sud ... lorsque le Canada grelotte sous la neige. A ce propos, nous avons bien pensé à vous en Belgique en cette "fin de semaine" des 16 et 17 janvier 2016, recouverte d’un manteau de neige alors que nous cherchions à nous protéger du soleil !

Des rencontres humaines aussi ...

De "belles rencontres" comme dit Danielle ! Nous sommes étonnés du nombre de personnes nous saluant en anglais en nous demandant : "How are you ?", "Where are you coming from". L’ensemble du pays et des habitants restant marqués par le style très "british" de la colonisation. Pour la petite histoire nous avons passé une nuit dans un "cottage" typiquement anglais où Churchill passa dans les années 1950. Au long de la route, nous avons pris en charge des autostoppeurs ... dont un homme chargé d’un carton d’oeufs et une autre fois trois dames (et leurs paquets) avec lesquelles nous avons eu beaucoup de plaisir. Egalement une maman avec un petit bébé ... et un lourd sac de farine de maïs que j’ai porté jusqu’à sa maison dans la brousse. Cela me rappelle le temps (années 1967-1974) où je parcourais les routes d’Europe en autostop - de très belles rencontres restent dans ma mémoire ... J’avais comptabilisé 40.000 kms en stop ... la même distance que j’ai parcouru à ce jour sur deux roues ... sans assistance électrique !

Un dimanche au Zimbabwe.

A Bulawayo, nous avons participé à une messe bien animée par des chants rythmés à l’africaine. Les paroles des chants en Ndébélé (une des 16 langues régionales) étaient projetées sur un écran. Une homélie très participative grâce à un prêtre dynamique. A la fin de la célébration d’une durée de 2h30 au cours de laquelle nous ne nous sommes pas ennuyés ni endormis, les anniversaires de la semaine étaient mis à l’honneur. Et comme d’habitude un nombre impressionnant d’enfants.

Journée très riche organisée par David Manenji à 20 kms de Harare.

Retrouvailles chaleureuses avec cet ancien jociste (et jeciste) qui dynamise vraiment l’ONG Ziysap que j’avais déjà visitée en 2015 (voir messages précédents). Ce mardi, dernière journée complète avec Danielle : après une visite de trois classes d’une école secondaire (les élèves très disciplinés ont appris à dire "bonjour", "merci" et "au revoir"), rencontre chaleureuse avec un américain responsable d’un orphelinat et quelques petits enfants. Après une réunion de travail avec un responsable de la commune de Ruwa, au cours de
laquelle nous avons parlé des problèmes de dérégulation climatique et de créations d’opportunités d’emploi pour les jeunes, nous avons visité une expérience très intéressante mise sur pied par une dame avec des potagers utilisant de l’engrais organique, élevages de poussins et de cailles. Nous retrouvons pour terminer l’endroit ou j’ai passé deux nuits en 2016 et où les responsables projettent de construire un centre de formation pour les jeunes ruraux.

Retour en Belgique pour Danielle ... et départ à vélo pour Léon.

Jeudi 21 janvier 2016, j’enfourche mon vélo, ma fidèle monture vers le Sud, vers Beitbridge, frontière avec l’Afrique du Sud que je compte atteindre en 8/10 jours. En fonction des possibilités de connexion Wifi, vous recevrez des nouvelles régulièrement de cette Africa 2016 ... désormais "sur les rails" ! Demain, celle-ci débutera à Harare, non loin de l’avenue Nelson Mandela comme en témoigne une des photos jointes à ce message.





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