Echos des activités   23 février 2016

Bonnert

Présentation de la campagne

Présentation par Amandine Henry de la campagne axée sur Madagascar d’Entraide et Fraternité à Bonnert le mercredi 10 février 2016

Cette soirée s’introduit par l’accueil chaleureux des habitants de Bonnert avec qui nous partageons un bol de riz afin de mieux nous plonger dans ce pays magnifique qu’est Madagascar.
Amandine nous donne quelques chiffres pour nous aider à visualiser la situation de l’Île, qui est extrêmement pauvre car 92% de la population vit avec moins de 2$ par jour. A cause du peu d’infrastructures présentes et du manque de services de base, les 80% des malgaches du pays, qui sont paysans, vivent dans la pauvreté. 36% de ces ruraux sont atteints d’une forte insécurité alimentaire.
2013 marque la fin de la crise politique et humanitaire que connut le pays durant quatre années. Or le nouveau gouvernement élu n’est pas stable pour autant, il soutient la corruption et l’agrobusiness au détriment des petits agriculteurs.
L’agriculture représente 27% du PIB national, avec des exportations importantes de café, de cacao et de vanille, les agrocarburants sont également fort encouragés. Ces cultures de rentes favorisent l’accaparement des terres car les malgaches ne bénéficient pas de titres de propriétés, l’Etat distribue ainsi les terrains à sa guise aux multinationales. La situation est aussi délicate au niveau des importations, car le riz provenant d’Asie pose problème en raison de son prix minime qui concurrence le marché local.
Amandine nous démontre bien à quel point les changements climatiques dérèglent les écosystèmes. Ravageurs, mauvaises herbes, cyclones intenses, etc. Tant de phénomènes qui ne cessent de s’accentuer. A cela s’ajoute le décalage des saisons, aggravant davantage la sécheresse et les inondations, responsables d’une érosion toujours plus forte des sols. La période de soudure s’accroit, menaçant la sécurité alimentaire des paysans.
La forte croissance démographique diminue les surfaces exploitées disponibles, forçant les populations à déboiser et épuiser les sols, notamment avec la culture sur brulis, le tavy. Or les malgaches ne sont pas les seuls responsables de cette dégradation environnementale, les multinationales convoitant les ressources du pays gaspillent et polluent l’eau, dégradent les écosystèmes et la biodiversité, etc.
L’agroécologie semble répondre aux problèmes posés par l’agrobusiness en préservant l’environnement et en permettant aux populations locales d’atteindre une certaine autonomie alimentaire. Indépendante des produits chimiques conventionnels, l’agroécologie utilise le potentiel microbiologique des sols et la diversité de la faune et de la flore pour améliorer les rendements, elle est créatrice de biodiversité. Cette forme d’agriculture est un ensemble de pratiques, de techniques agricoles inspirées de la nature, elle se traduit également par un mouvement social car elle vise la souveraineté alimentaire des peuples.

Ainsi, les petits agriculteurs prennent conscience de leurs droits et sont formés au plaidoyer grâce à la Coalition Paysanne Malgache, partenaire d’Entraide et Fraternité. Ils apprennent à s’organiser en un mouvement paysan structuré dont la volonté est de mettre l’Etat malgache face à ses responsabilités afin que ce dernier intègre de véritables politiques agroécologiques.
Ces populations sont victimes d’un dérèglement climatique croissant et le rôle des pays industrialisés dans ce processus est indéniable. Les chefs d’Etats ont le devoir de réparer leurs fautes en mettant en place une politique Humaine et résiliente, et c’est à nous, citoyens, de changer nos comportements. Tout est une question de choix. Des alternatives existent : consommer localement et de saison, faire partie d’un groupe d’achat collectif ou d’une AMAP, cultiver un potager, etc. C’est au cœur de nos choix, et plus encore, de nos actions, que la société pourra évoluer vers un monde plus juste.





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