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PACSA

Un accès à l’électricité et à l’eau potable

Pietermaritzburg Agency for Christian Social Awareness

En Afrique du Sud, malgré la fin de l’apartheid, beaucoup reste à faire pour plus de justice. Dans les communautés noires semi-rurales du KwaZulu Natal, la vie reste très précaire : revenus insuffisants, chômage chronique, sida, position inégalitaire des femmes. Dans ce contexte, l’ONG sud-africaine PACSA, partenaire de longue date d’Entraide et Fraternité, encourage, appuie et accompagne des communautés rurales très exclues à bouger et se faire entendre.

Un programme d’appui est mis en place pour soutenir des groupes d’habitants prêts à agir : formations pour comprendre le contexte économique et chercher des pistes d’action, réflexion avec les femmes sur leur place dans la communauté, accompagnement des groupes qui s’organisent et cherchent à assurer leur subsistance. Avec les groupes, PACSA établit des cibles d’action, comme l’accès à l’eau ou l’électricité, et mène campagne pour que les autorités réagissent. Cette action, menée localement, est connectée à un courant pour la justice économique, porté par toute la société civile sud-africaine.

Depuis 1994, l’Afrique du Sud a cessé de vivre sous le régime d’apartheid. La fin de l’apartheid a représenté un immense espoir de démocratie et de justice. Cependant, 17 ans plus tard, il faut reconnaître que la démocratisation du système n’a pas amené la justice économique. Au contraire, les différences sont plus grandes que jamais entre riches et pauvres.

Entraide et Fraternité a vécu de près toute cette évolution de par son engagement depuis des années dans le pays, avec des organisations qui, comme PACSA (Pietermaritzburg Agency for Christian Social Awareness) sont passées de la lutte contre l’apartheid hier à la lutte pour la justice économique aujourd’hui.
Le programme présenté par Entraide et Fraternité et PACSA pour la campagne 11.11.11. résumait bien cet enjeu : « Justice économique et Démocratie Participative ». Il a été mené pendant 3 ans, du 1er juillet 2011 au 30 juin 2014 dans le district d’Umgungundlovu dans la région des Midlands au KwaZulu Natal, province du Sud-est de l’Afrique du Sud.

Dans cette région, vivent de nombreuses communautés semi-rurales, essentiellement noires, encore durement frappées par la pauvreté et le chômage chronique, une réalité qui affecte les ménages mais encore plus durement les femmes et qu’aggrave le taux important d’infection au VIH/SIDA. PACSA travaille dans certaines de ces communautés, en visant les plus démunies : plus de la moitié des ménages y subsiste seulement grâce aux maigres allocations sociales et le chômage chronique y atteint 66% de la population active

Les habitants prennent les choses en main

Dans ces communautés, des habitants se rassemblent et essaient de s’organiser pour faire bouger les choses. La mission de PACSA est de les accompagner pour qu’ils se renforcent, mènent à bien leurs projets et fassent entendre leur voix au niveau local. PACSA vise donc à soutenir ces groupes d’habitants tout en menant un travail avec l’ensemble de la communauté, et notamment ses responsables politiques, sociaux et religieux. PACSA veille aussi à soutenir la mise en réseau de ces groupes entre eux et avec d’autres organisations. ceci afin de participer à l’action de la société civile pour la justice sociale et économique en Afrique du Sud. Chaque fois, la thématique globale est la même : promouvoir la ustice économique en s’appuyant sur la participation démocratique des citoyens. Et cela peut concerner des questions très concrètes : obtenir l’accès à de l’eau propre pour tous les ménages d’une communauté ou l’accès à l’électricité par exemple. Dans tous les cas, deux préoccupations mériteront une attention particulière : la question du genre et de la promotion de la position des femmes, la question du VIH/SIDA qui bouleverse tous les aspects de la vie en Afrique du Sud.

En tenant compte que chaque communauté est différente et que PACSA part de ses demandes pour affiner le programme, celui-ci vise 4 grands résultats, employant pour cela une diversité de stratégies et d’actions.

1) Le premier résultat recherché est d’acquérir, avec les organisations communautaires partenaires de PACSA et plus largement avec l’ensemble des communautés concernées, des clés pour com-prendre la situation socio-économique du pays et de la zone concernée en particulier. Cette meil-leure compréhension de la réalité ouvre la voie à une action pour le changement .Pour ce faire, PACSA propose aux membres des associations des modules de formations sur la « transformation socio-économiques » : formations appliquées à la réalité locale pour décoder la réalité. Dans d’autres modules, les ateliers Femmes et Economie, des groupes de femmes se rassemblent et analysent leur place, souvent décisive mais non reconnue, dans l’économie locale. Dans les communautés, PACSA suscite des initiatives pour le changements, comme un festival de cinéma lors d’une semaine d’action contre la pauvreté ou une campagne de mobilisation et de solidarité des églises chrétiennes.

2) Un deuxième résultat visé est de susciter la création d’un mouvement communautaire pour le changement et la justice. Pour cela, le premier pas est de consolider les fragiles groupes qui émergent dans les communautés : cela demande un accompagnement pendant un long moment, avec un aspect technique (comment fonctionne une organisation, un budget, la reconnaissance administrative, les instances etc…) et un aspect politique (comment se faire entendre et obtenir un espace pour cela dans la vie locale ?). PACSA est particulièrement attentive à soutenir les initiatives venant des communautés pour trouver des moyens d’existence (jardins communautaires, artisanat…) : pour la survie dans la durée d’un groupe de base, il a besoin en effet de moyens et les personnes qui s’y engagent doivent aussi pouvoir assumer leurs responsabilités par rapport à leur famille.

3) Un troisième résultat attendu du programme est la création de liens entre diverses initiatives et la mise en connexion entre des initiatives communautaires au niveau local et les efforts de la société civile sud-africaine pour l’égalité. Pour cela, le programme organise notamment des réunions trimestrielles des groupes communautaires locaux avec qui PACSA travaille. Il fait le lien avec le mouvement du Forum Social au KwaZulu Natal et en Afrique du Sud (appelé là-bas le Mouvement Indaba) et est même actif dans un réseau au niveau de l’ensemble de l’Afrique australe. D’autres réseaux sont plus thématiques, visant à faire progresser la souveraineté alimentaire, l’accès à l’électricité, l’accès à l’eau ou l’allocation de revenu de base pour tous.

4) Le dernier résultat que veut atteindre le programme est qu’une action vigoureuse puisse être menée avec les organisations de base pour influer sur la décision publique et faire bouger les responsables politiques. Pour faire ce plaidoyer, il faut pouvoir sur des faits solides et des réflexions étayées : c’est le rôle que joue à ce niveau le travail de recherche mené par PACSA avec les groupes communautaires. Le programme mène deux recherches participatives : La recherche sur le Panier Alimentaire associe de nombreux ménages pour connaître leurs dépenses de base : initiée par PACSA dans une zone limitée du Kwazulu Natal, cette recherche va déboucher, grâce à un partenariat, sur un travail mené au niveau de toute l’Afrique du Sud. Une autre recherche concerne la Perception de la Démocratie par les habitants. Ces recherches et tout le travail du programme débouchent sur certaines publications qui amplifient la voix des communautés et renforcent le travail de plaidoyer. Signalons aussi, qu’à côté des campagnes de sensibilisation, le programme mène aussi des campagnes de lobby visant les autorités publiques par une série d’actions (marches, pétitions, théâtre de rue…). Enfin, PACSA anime pour un travail de plaidoyer un réseau de petites organisations paysannes, appuyées jusque l’an dernier par l’ONG belge Broederlijk Delen.

Par tout cet ensemble de stratégies qui se complètent et se renforcent, PACSA est devenu un acteur reconnu dans la région. Mais avec le retrait de nombreuses ONGs du Nord d’Afrique du Sud, l’organisation connaît des temps difficiles et mène un travail important pour assurer sa durabilité financière. La durabilité financière et sociale des organisations de base justifie les efforts de PACSA et de EF, car elle se renforce à travers un accompagnement de longue haleine.

pacsa.org.za

PACSA est sur Facebook : facebook.com/PACSAPMB





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