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1er octobre 2015  Actualités

Burundi

Nouvelles du terrain

Quelques lignes de notre chargée de projets en voyage au Burundi actuellement

On doit cultiver l’espérance, on doit continuer à travailler, on doit rester aux côtés de la population. S’il faut mourir, on mourra ensemble.

Des mots forts, surprenants et émouvants exprimés à l’unanimité par les représentants des 4 organisations partenaires d’Entraide et Fraternité au Burundi, avec qui je viens de passer deux jours d’échange sur le contexte et de réflexion sur le futur programme d’appui à l’agriculture familiale.

La situation dans le pays est on ne peut plus préoccupante : un contexte politique explosif, une guerre palpable mais qui n’a pas de visage, des attaques fréquents contre des positions militaires et/ou policières, des arrestations et des assassinats quotidiens, des emprisonnements, de la torture, des mouvements de militaires que les gens appellent « rebelles » mais qui semblent circuler sans inquiétude, autant de choses qu’on entend et qu’on observe ici.

Même si la tension est extrême dans la ville de Bujumbura et dans la province de Bujumbura rural, la peur règne également dans les régions rurales. Une peur alimentée particulièrement par des rumeurs fréquentes et par la fuite des personnalités et des officiers de l’armée, sans oublier la présence de réfugiés dans les pays limitrophes.

Les partenaires sont surtout préoccupés par la situation économique et alimentaire qui se dégrade de jour en jour : les prix des denrées explosent. Bujumbura, qui était le principal lieu d’écoulement et d’approvisionnement pour la population des zones d’intervention du programme, est pratiquement à l’arrêt sur le plan économique. Comme si cela ne suffisait pas, une sécheresse sans précédent s’est invitée sur scène (un mois de retard de pluies !) et plonge la population dans le désarroi. Malgré l’absence de pluies, les dépôts de stockage des semences se vident à vue d’œil. Selon les témoignages, les paysans ont commencé à consommer les semences. Les partenaires craignent un début de famine dans le pays, surtout dans les endroits habituellement fragiles comme le nord-est du pays.

En dépit du contexte sombre et incertain, les partenaires ont choisi de garder espoir ; en témoignent l’enthousiasme qui a animé les journées de rencontre et la richesse des échanges. Tous estiment que c’est leur devoir de rester auprès de la population et remercient vivement Entraide et Fraternité de sa présence dans les moments difficiles, de sa confiance et de son soutien, qui constituent pour eux une source d’encouragement.

Redempta Mukantagara
Chargée de projets





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