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Mais tout d’abord, qui est-il ce Pierre Ruquoy ?

Pierre, originaire de Ligny, missionnaire Scheutiste, a suivi sa formation successivement à Namur, Mexico et Rome. Mais avant d’étudier la théologie et d’être ordonné prêtre - afin dit-il d’avoir une formation pas trop "cléricale" - il a vécu durant 5 ans au milieu des villageois en République Dominicaine à Cabeza del Toro ... comme l’un d’entre eux, vivant simplement et apprenant, entre autre, à monter à cheval, à cultiver la terre mais surtout à découvrir la profondeur des relations humaines. C’est là qu’il retournera comme curé. Il sera ensuite responsable d’une radio communautaire au niveau local et ensuite des radios catholiques au niveau de l’Amérique Latine, ce qui l’amènera à résister clandestinement - par les ondes, en créole - au coup d’état de Raoul Cedras en Haïti en 1991.
Au début des années 1990, il rejoint les Bateys, partageant la souffrance de ce peuple exploité de planteurs de canne à sucre, originaires de Haïti, travaillant comme des esclaves (moins de deux dollars par jour) en République Dominicaine. Son presbytère étant avant tout une maison d’accueil, il n’hésitait pas à traverser la frontière entre Haïti et République Dominicaine pour défendre les droits de ces travailleurs. Jusqu’au jour où, 30 ans après son arrivée dans cette terre où déjà il avait adopté plusieurs orphelins, les menaces de représailles et menaces de mort des propriétaires des sucreries et autres politiciens devinrent tellement dangereuses que ses supérieurs décidèrent de l’envoyer en mission dans un autre pays.

Avant de partir pour la Zambie en 2006, sa nouvelle terre de mission, il passe plusieurs mois pour se ressourcer à l’abbaye de Soleilmont, située non loin du R3 de Charleroi, pensant terminer sa vie comme moine contemplatif. Mais le virus de l’engagement auprès des plus petits refait surface et le voilà - en 2007 - dans la région de Kabwé, à deux pas du barrage sur la rivière Mulungushi. Il s’agit du premier barrage hydro-électrique contruit en Afrique par les Anglais dans les années entre 1910 et 1929. C’est tout près d’ici, historiquement, le 22 décembre 1978, alors que des membres de l’armée de libération du Zimbabwe (qui à l’époque s’appelait encore la Rhodésie du Sud) s’entrainaient clandestinement, que des avions militaires commandés par les Anglais de Rhodésie du Sud sont venus les bombarder, tuant 200 d’entre eux, en violant l’espace aérien de la Zambie. Cet épisode organisé au mépris des lois internationales ne fit l’objet d’aucun écho dans la presse nationale ni internationale. Trente cinq ans après, les victimes et surtout leurs familles attendent toujours un monument ou une cérémonie de reconnaissance ... pour ne pas tomber dans l’oubli !

Sept ans après son arrivée en terre africaine, Pierre se débrouille pas mal dans cette langue difficile qu’est le Cibemba (dont je vous ai appris un mot dans mon message précédent : Mwashibukeni pour "Bonjour"). Les premiers temps, il ne cesse de se déplacer dans cette immense paroisse rurale (120 villages), étendue comme la province de Namur, qui lui a été confiée avec des dizaines de succursales. Certains week-ends, il part en brousse pour célébrer 10 messes d’affilée du vendredi soir au dimanche, n’hésitant pas à camper sur place deux nuits dans une petite tente. Puis, un jour, il change de mission ... tout en restant fidèle à ses engagements de toujours.





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