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8 juin 2015  Actualités

Témoignage

Luisa Chuj au Guatemala

La COINDI (Coopération Indigène pour le Développement Intégral), partenaire d’Entraide et Fraternité au Guatemala, travaille à améliorer les conditions de vie des femmes et de leur Famille.

« Je m’appelle Luisa Chuj. Je suis d’origine maya et j’appartiens à l’ethnie Quiché au Guatemala. J’ai 33 ans, je vis à Nahualá et j’ai trois enfants. Quand j’étais petite, je rêvais d’aller à l’école. J’adorais étudier mais je n’ai pas pu y aller jusqu’à mes 10 ans parce que je devais m’occuper de mes petits frères. Mes parents travaillaient aux champs mais réalisaient également d’autres tâches afin de nourrir les six bouches de la famille. Quand j’ai enfin pu me rendre à l’école, je devais marcher cinq kilomètres mais cela ne me dérangeait pas. Ce qui m’importait, c’était d’étudier. A la fin de mes études primaires, j’ai commencé la broderie à la main pour aider ma famille. J’ai ensuite rencontré mon mari et nous avons eu trois enfants. Je ne voulais pas qu’ils soient confrontés aux mêmes problèmes que moi, alors j’ai expliqué à mon mari que je devais continuer à étudier car cela me permettrait de trouver un emploi. Entre boulot et études, il eut fallu que nous nous occupions tous deux des enfants. Mon mari était d’accord mais nous n’avions pas assez d’argent. Il s’en est allé travailler à la capitale et moi je suis restée pour prendre soin des enfants, travailler la parcelle que nous possédions et parfois, j’étudiais. En réalité, c’était très difficile car je rentrais à la maison très fatiguée et je devais m’occuper des enfants.

PNG Il y a cinq ans, nous avons décidé de nous associer à un groupe de femmes de ma communauté. Notre groupe s’appelait « Mains mayas » et nous produisions de l’artisanat maya. Nous avons ensuite choisi de nous joindre à l’association COINDI (Coopération Indigène pour le Développement Intégral), une organisation maya qui accorde beaucoup d’importance au développement socio-économique et participatif des femmes mayas. La COINDI veille à ce que les femmes occupent une place aussi importante que les hommes dans notre communauté et notre municipalité. Nous les femmes, nous recevions un autre type de formation avec la COINDI : un cours sur les micro-entreprises rurales. Nous y avons appris l’administration, les bases de la comptabilité et l’entretien de machines. Nous avions également des cours sur la façon de diriger des groupes et de parler en public sans aucune crainte. En 2010, j’ai été élue comme trésorière du groupe de femmes. Au début, c’était difficile mais avec le temps et l’aide de mes collègues, j’ai acquis plus d’expérience et de connaissances. De plus, nous avons reçu une formation sur la sécurité et la souveraineté alimentaires. Nous possédons actuellement une micro-entreprise de fabrication de vêtements. J’y passe en moyenne quatre à cinq heures par jour. Je participe également aux Comités de développement communautaire et je travaille ma parcelle avec l’aide de mon fils aîné et d’un ouvrier qui m’aide à cultiver la terre en échange de la moitié de la production. Grâce au soutien et à l’accompagnement de la COINDI, je vends dans des foires régionales ce que je produis. Mon mari nous aide mais il n’a pas beaucoup de travail à la capitale donc je lui ai proposé de revenir dans notre village. Je suis très reconnaissante de l’aide que la COINDI m’a apportée puisqu’elle m’a permise d’améliorer mes conditions de vie. De plus, mes enfants vont à l’école, nous avons de la nourriture et nous travaillons notre parcelle avec des engrais organiques (nous ne dépensons pas beaucoup d’argent). Je jouis également de la reconnaissance de ma famille et de la communauté car, en plus d’avoir étudié, nous avons développé des initiatives génératrices de revenus. En tant que femme maya, je me sens valorisée et respectée, tout comme les autres femmes de mon groupe. Notre voix est entendue. »





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