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Semaine 5

Leur pain quotidien...

Trois grandes marmites (du riz, des haricots rouges, de la viande, peut-être), des mains qui servent, des assiettes vides qui se tendent.

Ces marmites et ces assiettes évoquent les soupes populaires ou les cantines scolaires organisées pour que les enfants aient au moins un repas complet sur la journée. Sans cela, impossible d’être attentif en classe et de se développer convenablement.

Et l’on pense au Notre Père : « Donne-nous aujourd’hui notre pain de chaque jour ». Que signifie cette demande dans nos sociétés d’abondance, où ce « pain quotidien » est en surplus, souvent gaspillé, et où, pour beaucoup, la préoccupation est de ne pas en manger trop ?

Ce n’est certainement pas de la nourriture que nous demandons dans le Notre Père. Pour la plupart d’entre nous, nous l’avons. Le pain qui nous manque, parfois cruellement, c’est peut-être de l’amitié, de la chaleur humaine, du silence, des moments pour soi, un creux, un désir, une « soif d’idéal », comme le chante Alain Souchon. Jusqu’à tomber dans « l’ultra-moderne solitude ».

Dans d’autres pays, comme au Brésil, cette phrase prend un tout autre relief. Bien sûr, le Brésil est la 6e puissance économique mondiale. Pourquoi donc Entraide et Fraternité se préoccupe-t-elle d’aider un pays aussi riche, champion de la croissance économique ? Parce que cet énorme pays est aussi champion en matière d’inégalités sociales. 20 millions de personnes y souffrent de la faim, un quart – oui, un quart – de la population y vit dans la pauvreté absolue !

Marie-Hélène Stevens a participé à un voyage d’immersion au Brésil avec Entraide et Fraternité. Elle témoigne : « J’ai vu des femmes et des hommes debout, sans rien dans les mains mais le sourire empli de force et les yeux rayonnant d’une lumière qui les dépasse. J’ai vu des femmes et des hommes devenus des éveilleurs, participer à la re-création de leur terre et la marquer de leur empreinte. »

Ils ont la force, le sourire et la lumière, il leur manque le pain. Nous avons le pain en abondance, mais notre société ne manque-t-elle pas de force et de lumière ? Si le « donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien » devenait « partageons aujourd’hui notre pain quotidien », nous pourrions devenir réellement partenaires, frères et sœurs de ces Brésiliens. Etre à leurs côtés dans leur lutte pour leurs droits, et nous laisser gagner par leur force, par leur persévérance à espérer et créer un monde où le pain, la force et la lumière soient en abondance et pour tous.

Retrouverez cette image ainsi que le commentaire radio sur le site de RCF-Bruxelles.





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