15 février 2016  Actualités

Lettre de Caruaru

Des nouvelles de nos amis du Mouvement des Sans Terre au Brésil

1. L´actuelle crise mondiale du capitalisme, commencée en 2008, entraîne l´augmentation du chômage, la croissance des inégalités sociales, la concentration des revenus et des richesses, en plus d´une intensification de la répression de la part des États du monde.

2. Le grand capital n´a pas de solution pour sortir de cette crise du capitalisme. Il apparaît qu´elle sera une crise profonde, longue, qui exigera des réformes structurelles. Et ses conséquences sociales sont imprévisibles.

3. Au niveau brésilien, à cette crise internationale du capitalisme s´ajoute la décomposition du modèle néo-développementaire basé sur la croissance économique et la distribution des revenus, avec la conciliation des classes sociales, commencé en 2003.

4. Face à la gravité de la crise, la classe dominante manque d´unité pour proposer un nouveau projet hégémonique au pays. Certains secteurs de la bourgeoisie continuent à défendre le modèle néo-développementaire. D´autres proposent la reprise et l´approfondissement du modèle néo-libéral.

5. La présidente Dilma Rousseff, depuis le début de son 2º mandat, s´est trompée en développant un programme économique aux mesures néo-libérales, copié sur celui de son adversaire politique battu aux élections. Un tel équivoque a agravé la crise économique et a fragilisé l´appui populaire reçu lors de sa victoire aux dernières élections présidentielles.

6. Même ainsi, le gouvernement a cédé au grand capital en retirant des droits sociaux aux travailleurs et en continuant une politique de réajustements économiques, qui s´avérèrent sans résultats en 2015.

7. Les réformes promises des lois du travail et de la sécurité sociale – qui pénalisent la classe des travailleurs et, spécialement, les femmes du monde rural – sont inacceptables ; et, si elles se concrétisent, provoqueront une onde de luttes populaires dans tout le pays contre le gouvernement.

8. C´est pourquoi nous exigeons que le gouvernement affronte le modèle de l´agro-bissness. C´est une agriculture financée par l´économie populaire et subsidiée par des recours publiques, destinée à répondre aux intérêts du marché international. Ce modèle d´agriculture provoque la concentration des revenus et de la propriété terrienne, augmente les inégalités sociales, produit des aliments traités aux pesticides, développe une destruction irrationnelle du milieu environnemental du pays et subordonne toute la chaîne productive de l´élevage au contrôle et aux intérêts des entreprises transnationales et du capital financier.

9. Tout ce contexte indique une nouvelle période historique de la lutte des classes. Il revient à la classe des travailleurs de relever le défi d´impulser les luttes populaires dans la rue, de construire son unité de classe, et d´informer le peuple brésilien de ses idéaux d´une société avancée, socialement juste et démocratique.

10. Il est urgent pour la classe des travailleurs de construire collectivement, en utilisant toutes les médiations, les syndicats, les mouvements populaires et les partis politiques progressistes, un nouveau projet politique pour le pays. Un projet basé sur la défense et l´approfondissement de la démocratie populaire, sur la distribution des richesses et sur l´autonomie nationale.

11. Le Front Populaire Brésilien ("Frente Brasil Popular" - FBP), créé en septembre 2015 à Belo Horizonte (MG - Minas Gerais) est parvenu à réunir une partie de la classe des travailleurs autour d´un projet politique minimum pour le Brésil. Comme membre du FPB, nous ferons tout pour le consolider dans les États et les villes. Il nous revient la tâche de fortifier le FPB en l´articulant à d´autres secteurs et organisations tout comme d´approfondir le dialogue avec d´autres Fronts existants.

12. Dans le monde rural, face à l´inefficacité et à l´apathie du gouvernement à adopter des mesures favorables à la Réforme Agraire, nous allons intensifier les mobilisations populaires, les occupations des grandes terres classées improductives et l´occupation de certaines fermes ; comme l´établit la Constitution Fédérale de 1988, qui ne remplit pas sa fonction sociale.

13. Nous lutterons pour la Réforme Agraire Populaire, centrée sur la distribution de la terre aux familles du monde rural et pour un nouveau modèle d´agriculture brésilienne. Une agriculture ayant pour priorité la production d´aliments sains, basée sur l´agro-écologie et la coopération agricole, associée à l´implantation d´agro-industries dans les régions de la Réforme Agraire.

14. La Réforme Agraire Populaire relève indissociablement du droit de la population rurale d´avoir accès à l´Éducation et au partage des connaissances. Ainsi, nous lutterons contre la fermeture des écoles du milieu rural et nous exigerons, pour chaque région d´Assentamentos [1], l´implantation d´écoles qui assurent une éducation publique, de qualité sociale, et gratuite. L´Éducation est un droit et n´est pas une marchandise !

15. Ensemble, avec le mouvement "Via Campesina" et les autres mouvements populaires ruraux, nous lutterons pour l´autonomie alimentaire des différents peuples du Brésil, pour la défense des semences originaires comme patrimoine de l´Humanité, et pour que les aliments soient un droit, et non une marchandise visant seulement à enrichir des entreprises transnationales, en réduisant à la misère et à la faim des millions d´êtres humains.

Enfin, nous assumons l´engagement de continuer et d´intensifier les luttes populaires commencées en 2015. En 2016, nous retournerons manifester dans la rue contre les forces impérialistes, différents partis de la droite, l´aile conservatrice du Congrès National, le manque d´objectivité et les manipulations idéologiques de certains médias, les secteurs réactionnaires qui, incrustés au sein des structures de l´État, sont favorables aux coups d´État. Ces secteurs veulent ramener le pays en arrière, en réaction aux victoires démocratiques déjà obtenues, aux droits conquis par le monde du travail, aux avancées de politiques économiques ayant réduit des inégalités sociales.

mobilisations populaires, les occupations des grandes terres classées improductives et l´occupation de certaines fermes ; comme l´établit la Constitution Fédérale de 1988, qui ne remplit pas sa fonction sociale.

13. Nous lutterons pour la Réforme Agraire Populaire, centrée sur la distribution de la terre aux familles du monde rural et pour un nouveau modèle d´agriculture brésilienne. Une agriculture ayant pour priorité la production d´aliments sains, basée sur l´agro-écologie et la coopération agricole, associée à l´implantation d´agro-industries dans les régions de la Réforme Agraire.

14. La Réforme Agraire Populaire relève indissociablement du droit de la population rurale d´avoir accès à l´Éducation et au partage des connaissances. Ainsi, nous lutterons contre la fermeture des écoles du milieu rural et nous exigerons, pour chaque région d´Assentamentos (1), l´implantation d´écoles qui assurent une éducation publique, de qualité sociale, et gratuite. L´Éducation est un droit et n´est pas une marchandise !

15. Ensemble, avec le mouvement "Via Campesina" et les autres mouvements populaires ruraux, nous lutterons pour l´autonomie alimentaire des différents peuples du Brésil, pour la défense des semences originaires comme patrimoine de l´Humanité, et pour que les aliments soient un droit, et non une marchandise visant seulement à enrichir des entreprises transnationales, en réduisant à la misère et à la faim des millions d´êtres humains.

Enfin, nous assumons l´engagement de continuer et d´intensifier les luttes populaires commencées en 2015. En 2016, nous retournerons manifester dans la rue contre les forces impérialistes, différents partis de la droite, l´aile conservatrice du Congrès National, le manque d´objectivité et les manipulations idéologiques de certains médias, les secteurs réactionnaires qui, incrustés au sein des structures de l´État, sont favorables aux coups d´État. Ces secteurs veulent ramener le pays en arrière, en réaction aux victoires démocratiques déjà obtenues, aux droits conquis par le monde du travail, aux avancées de politiques économiques ayant réduit des inégalités sociales.

Durant cette année 2016, nous allons vivre de nombreuses luttes et relever de nombreux défis, en vue de la construction de l´unité de la classe des travailleurs, de la réactivation des luttes populaires, de la solidarité avec tous les peuples en lutte pour construire un projet politique populaire pour notre pays.



[1Assentamento : grande propriété terrienne divisée - après son occupation - en petites parcelles, réparties entre de nombreuses familles de petits agriculteurs.



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