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La souveraineté alimentaire : qu’est-ce que c’est ?

Dans les pays du Sud, comme en Haïti et au Zimbabwe, les marchés sont inondés de produits importés à bas prix, qui bouleversent les habitudes alimentaires de la population et ruinent l’agriculture paysanne qui ne peut concurrencer les importations.

Incontestablement, les lois du commerce agricole international et les politiques agricoles inappropriées sont en cause : elles ont ruiné les petits paysans ert poussé les autres à accroître leur productivité par tous les moyens. Ces politiques soutiennent le développement des multinationales et mettent l’environnement en danger.

Face à ce tableau peu réjouissant, Entraide et Fraternité veut promouvoir, avec d’autres, comme Via Campesina ou la Plate-forme Souveraineté alimentaire, la SOUVERAINETE ALIMENTAIRE.

La souveraineté alimentaire, c’est le droit des populations et des pays de définir leurs propres politiques alimentaires et agricoles. Ces politiques doivent être écologiquement, socialement, économiquement et culturellement adaptées à chaque contexte spécifique et ne pas menacer pas la souveraineté alimentaire d’autres pays.

Cela signifie que les politiques commerciales internationales doivent :

  1. Permettre aux Etats d’appliquer des politiques qui favorisent une agriculture familiale et une alimentation de qualité accessible à toutes et tous.

Pour produire des aliments de qualité, nourrir les populations les plus pauvres, préserver l’environnement et soutenir l’emploi et le développement rural, il faut des règles appropriées : des politiques agricoles et commerciales qui contribuent à l’amélioration de l’agriculture familiale durable. Dans cet esprit, les moyens pour protéger certaines productions doivent être renforcés comme doivent être appliquées les revendications des pays du Sud en faveur d’une régulation internationale des produits agricoles de base.

  1. Assurer des prix agricoles qui permettent aux agriculteurs et agricultrices de vivre décemment de leur travail.

En Europe, les agriculteurs reçoivent des subventions pour leurs productions, ils peuvent donc écouler les quantités excédentaires au prix mondial. Mais celui-ci est généralement beaucoup trop faible pour vivre décemment. A ce prix, les paysans du Sud ne peuvent donc pas concurrencer les produits du Nord qui arrivent sur leur marché.

Par conséquent, la gestion de l’offre (via des quotas par exemple) devrait être maintenue et améliorée afin d’éliminer les excédents structurels.

  1. Respecter le droit de tous les pays de protéger leurs productions agricoles des importations à bas prix.

Les accords de partenariat économique (APE) actuellement négociés entre l’Union européenne et les pays ACP ont pour objectif de réduire les protections douanières et les quotas dans les pays ACP, alors que les moyens dont disposent actuellement ces pays pour se protéger des importations à bas prix sont déjà trop faibles pour permettre leur développement. Les pays ACP doivent pouvoir structurer leur intégration régionale autour de l’agriculture, tout comme l’a fait l’Union européenne dans le passé.

  1. Garantir aux producteurs un accès durable aux ressources (eau, terre, semences, crédits, etc.)

    … Tout en rappelant que, généralement, les femmes n’ont pas les mêmes droits que les hommes concernant l’accès, le contrôle et la gestion des ressources
  1. Impliquer les acteurs concernés par l’agriculture et l’alimentation.

Le fonctionnement des négociations internationales sur les questions agricoles doit être modifié de manière à ce que les organisations et groupements de producteurs et de productrices soient systématiquement consultés et leurs revendications prises en compte. Les coopérations belge et européenne devraient renforcer leur soutien aux organisations paysannes du Sud qui sont encore plus souvent ignorées.





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