La paroisse d’Aribinda aux côtés des villageois de zones rurales délaissées

Projet particulier - Burkina Faso

Des salles communautaires pour des formations populaires dans les zones rurales

Dans le département de Kelbo, au Burkina Faso, la paroisse d’Aribinda mène un travail de formation populaire dans les zones rurales qui lui sont confiées, dans une région qui est à la queue du développement par rapport à l’ensemble du pays.
Dans cette zone sahélienne, à la périphérie du Burkina Faso, la population fait face à trois problèmes fondamentaux : un taux de scolarisation plus bas que dans le reste du pays ; une insuffisance alimentaire entraînée par des mauvaises récoltes dues à l’insuffisance de pluie, à la difficulté à faire la soudure entre les deux récoltes de juillet et d’octobre et à la méconnaissance de méthodes de cultures plus rentables ; enfin, un manque de formation de base donnée aux femmes et la question de la santé reproductive.
Comme l’explique l’équipe de la paroisse, les trois problèmes sont étroitement liés, car sans alphabétisation les jeunes ne peuvent pas assimiler de progrès agricole proposé par des documents de formation de base, et si les femmes, moteur du développement, sont exclues de toute formation de base, ce sera la société toute entière qui subira le retard.

Depuis plusieurs années, la paroisse d’Aribinda, soutenue par Entraide et Fraternité et un groupe de soutien qui récolte des fonds en Belgique, participe à la construction de salles communautaires et de maisons d’animateurs où peuvent avoir lieu l’alphabétisation et des formations. Elle soutient aussi de petits projets comme l’aménagement de bibliothèques, forage de puits et sensibilisation d’un village à l’utilisation de la pompe. Des initiatives liées à l’élevage ont également lieu, en lien avec l’Ocades Caritas de Dori.

Cette année, grâce aux fonds récoltés, les habitants du village de Tahadi, à 78 km d’Aribinda, ont construit ensemble leur salle. Le père Eugenio Jover, responsable de la paroisse, raconte : « La salle était attendue avec grande impatience à Tahadi. Lors de notre dernier passage avant la saison de pluies, les villageois nous avaient mis en garde, en disant que les pluies arrivaient et qu’il serait terrible pour eux de passer encore un hivernage sans avoir une salle commune protégée des eaux. Comme nous n’avions pas assez d’argent pour construire en dur, nous avons profité des murs qu’ils avaient déjà élevés l’année précédente. Malheureusement un hivernage s’était écoulé et la pluie avait fait tomber un pan de mur. Donc, dès que la nouvelle leur est parvenue que les moyens étaient disponibles, ils se sont mis à combler ce mur, avec la crainte de la pluie qui arrivait. Mais ils ont eu assez de temps, et les matériaux pour le toit sont arrivés en camion : des tôles et des poutres en acier car dans ce village, il y a de terribles termites qui dévorent tout ce qui est bois. Pas question donc de mettre des poutres en bois moins chères. »
Lorsque les maçons eurent terminé leur travail pour le toit, les villageois ont mis le crépi fait de goudron et de sable sur les murs, pour leur donner consistance et beauté. Il leur restait à construire, avec le ciment qui reste, les murettes qui servent de sièges pour s’asseoir à l’intérieur de la salle.

A présent, les gens se réunissent souvent dans la salle et bientôt, un animateur spécialisé y commencera l’alphabétisation : des cours de deux mois qui permettront aux femmes et aux jeunes d’apprendre à lire et à écrire en leur langue, le moré, parlé par plus de trois millions de Burkinabés. Lecture, écriture et calcul permettront aux jeunes et aux femmes de s’intégrer à la vie sociale de leur collectivité et de leur famille sans frustrations. Désormais, toute autre formation pourra également prendre place dans cette salle





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