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La douanière voulait tout savoir ... "Welcome in Zimbabwe"

Jeudi 12 mars :

Pour passer la frontière entre la Zambie et le Zimbabwe, il suffit d’enjamber le fleuve Zambèze via le barrage de Kariba, construit en demi-cercle. Dans une tente où il fait suffocant malgré les ventilateurs tournant à plein régime, la douanière de service veut tout savoir : tous les prénoms (nous Belges, nous en avons parfois 5, c’est mon cas : le papa, le grand-père, l’arrière-grand père, le parrain et "Ghislain" pour éloigner les convulsions ! ) ; la profession exercée avant la retraite, l’adresse ... en Belgique, l’adresse de référence à Harare, le numéro de la réservation du billet d’avion de retour (qui se trouve enfouie dans les bagages ... heureusement, je l’ai noté sur mon carnet de route, toujours à portée de main. Finalement, le visa est accordé : 30 US$ au lieu de 50 dans les autres pays. Tout est moins cher au Zimbabwe et les billets de 2 US$ sont acceptés, moi qui en ai une floppée ...! Un peu plus loin, un gardien dans une guerrite m’arrête pour me faire payer une taxe sur les véhicules à moteur ... à mon avis, il n’avait pas bien regardé mon moyen de locomotion, ne croyant pas qu’il est possible de venir de si loin avec comme seul "moteur" l’huile de jambes ; heureusement, je n’ai pas d’assistance électrique, c’est peut-être considéré comme un moteur dans ce pays !

Une montée hyper raide ... efforts inutiles !

Arrivé au sommet d’une montée qui m’a fait suer comme jamais, j’apprends que je me suis trompé de route et que je dois redescendre si je veux arriver à Harare ! Bien, à Kariba, les rues portent toutes un nom mais à l’embranchement vers la capitale, pas la moindre indication ! Donc je râle. Toutefois ce détour m’a permis de faire mes achats dans un mini-super-marché : thon, biscuits, confiture, pâtes, sauce tomate (en Tanzanie, le commerçant m’avait dit : "faite la vous-même !") ... et du bon pain gris, le premier depuis deux mois et demi qui me rappelle celui de la Belgique, au point que je me taille un pique-nique tout de suite devant le super-marché !. Le caissier me propose une table à l’intérieur du magasin ... sympa ! Oui, au Zimbabwe, les premiers contacts sont positifs !

Une nuit en cage comme un "lion"

La douanière m’avait prévenu : je vais passer par une zone où il y a des animaux sauvages ; même les Simbas me poursuivent au Zimbabwe ! Heureusement pour la première nuit passée dans ce 5ème pays de la Transafrica, j’ai trouvé un restaurant-hotel "grillagé". La patronne hyper gentille m’a permis d’occuper une partie du bâtiment me mettant la nuit à l’abri des éléphants, lions et autres animaux dangereux qui viendraient rôder par ici (voir la photo ci-jointe ... non nous ne sommes pas au cirque !) Bien, pendant la journée, je ne risque rien mais "ce sera la forêt, rien que la forêt", me dit la dame qui me vend 12 bananes pour un dollar. Ici, Mugabe a instauré le dollar étatsunien comme monnaie nationale (comme Rafael Correa en Equateur). "Pédaler quand il fait chaud" ... C’est ce que me conseille le passager d’une voiture arrêtée qui m’invite à venir voir trois éléphants de l’autre côté de la route (pas trop prêt, car il y a un petit !). Pendant les heures chaudes de la journée, me dit-il "il n’y a pas de danger ... les Simbas font la sieste". Ils digèrent leur dernière proie ! La nuit déjà tombée, alors que je suis attablé à l’extérieur, un des gardiens m’invite à me retourner : dans le noir, on distingue trois éléphants en train de manger à la limite de la propriété, à une trentaine de mètres de nous. Jusqu’à minuit, l’on a droit à de la musique bien africaine ... ensuite place au calme, la nuit appartient enfin aux animaux ; quant à nous, nous sommes en sécurité.

Une seconde nuit derrière des barrières.

Arrivé à Makuti, je me renseigne auprès de deux policières qui contrôlent les poids lourds. Comme il risque encore d’avoir des lions la nuit (décidément, ils me poursuivent encore), l’une d’elles me suggère d’aller demander au propriétaire d’un grand dépôt de camions, entièrement clôturé, pour pouvoir planter ma tente. Je m’adresse au couple de concierges qui m’accueillent chaleureusement. C’est chez eux que je fais bouillir de l’eau pour me cuire des pâtes. Quant à la famille (trois enfants), ils mangent le "Nshima", la traditionnelle purée de maïs, comme en Zambie mais ici cela s’appelle le "Shada" (je ne suis pas sûr de l’orthographe). Le plus petit fait ses premiers pas en s’accrochant à moi. Le lendemain matin, départ matinal vers Harare après une nuit calme et relativement fraîche. Je présume que je me trouve en altitude car la journée précédente, en quittant la vallée du fleuve Zambèze, je n’ai fais pratiquement que de grimper (d’où moyenne horaire inférieure à 10km/h). Il en sera de même jusqu’à Harare ... la Transafrica 2015 doit se terminer en beauté !

Bienvenue à Lucie.

Malgré les difficultés de communication (connexion internet difficile, pas facile de se procurer une carte Sim du pays) durant les premiers jours passés au Zimbabwe, j’apprends le 14 mars (via mon GSM belge) la naissance (le 13 mars) de la petite Lucie, la seconde petite-fille de Danielle, ma compagne. Félicitations aux parents Aurélie et Giovanni et à la Mamy ... très heureux !

Prochain et dernier message à Harare.

Ce sera chez John et Kathy, amis de Jacques Briard et de Claude Mormont (d’Entraide et Fraternité) que la Transafrica 2015 se terminera (avec le dernier message que je vous enverrai) et recommencera en janvier 2016 en direction de Qunu en Afrique du Sud.

Léon ... "on the road again with Nelson Mandela"