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18 juillet 2017  Actualités

La PAC, on en parle.

Cette année a été tenue une consultation sur la Politique Agricole Commune (PAC) organisée par la Commission Européenne en vue de la nouvelle réforme devant entrer en vigueur après 2020

Les fondements de la PAC reposent sur l’augmentation de la production via une maîtrise des prix sur les marchés et d’autres mesures de soutien à la productivité et aux revenus des producteurs. La politique mise en œuvre vise aussi, pour accroître la productivité, à faire évoluer les structures agricoles européennes par des mesures structurelles.
Les soutiens apportés aux agriculteurs de l’Union européenne (UE) vont mener à une croissance rapide des quantités produites d’une série de produits stratégiques. Les agriculteurs peuvent écouler leurs produits sur des marchés stables, avec l’assurance que leurs produits trouveront acquéreur à des niveaux de prix connus d’avance. Ce qui va aider les agriculteurs, c’est de trouver des prix intérieurs suffisants qui couvrent les coûts de production. Ceci ne vaut cependant pas pour tous les agriculteurs. Ceux qui ne sont pas en mesure de baisser suffisamment leurs coûts de production, notamment en investissant dans les nouvelles techniques de production vont disparaître.

Les objectifs de la PAC
- Augmenter la productivité, via le progrès technique
- Fournir un revenu équitable aux agriculteurs
- Stabiliser les marchés
- S’assurer la sécurité d’approvisionnement des consommateurs et des industries de transformation des produits agricoles
- Fournir des produits à des prix raisonnables pour le consommateur.

Les grands principes de la PAC

- L’unicité du marché (libre circulation des produits agricoles sur le marché de l’UE)
- La préférence communautaire (protection du marché de l’UE des importations à bas prix et des fluctuations du marché mondial)
- La solidarité financière (les dépenses de la PAC sont supportées par le budget communautaire).

Si la PAC connaît de rapides succès dans le domaine de la croissance de la production pour les principaux produits agricoles de base, elle fait également face à de multiples problèmes.
Comme la PAC vise à augmenter de la productivité, notamment en favorisant l’utilisation de techniques « modernes », cela consolide d’une part, la hausse rapide de la production alimentaire, mais conduit d’autre part, à une perte d’emplois agricoles et une diminution du nombre d’exploitations. Cette politique fera l’objet de critiques de la part des producteurs eux-mêmes, qui estiment que les niveaux de prix trop faibles fixés pour les principales productions contribuent à réduire trop rapidement le nombre d’exploitations. Par ailleurs, il est probable aussi que le mouvement de disparition des exploitations aurait été plus rapide encore sans la PAC, et ce avec une hausse considérable des importations. L’évolution des systèmes de production a également eu des conséquences importantes au niveau environnemental : monocultures, rupture culture/élevage, pollutions, atteintes à la biodiversité, aux ressources naturelles, aux paysages...
Pour faire face à ces problèmes, la PAC a apporté des correctifs régulateurs dont l’instrument de gestion de l’offre (quotas, gel des terres, etc.) Cependant, depuis les années 90, les principaux instruments de régulation sont supprimés progressivement (suppression des droits de douane variables, fin des quotas …) La PAC européenne entre dans la logique de dérégulation mondiale des politiques agricoles de manière à respecter les règles néolibérales de l’OMC et ce, dans le respect des normes environnementales et sanitaires européennes. La politique des revenus des producteurs est tout à fait déconsidérée.

En conclusion, Entraide et Fraternité pense qu’il serait souhaitable que l’agriculture européenne priorise l’objectif principal de développer une agriculture durable. Ceci commence par le fait d’assurer aux agriculteurs le niveau de des revenus suffisants qui leur permet de produire pour nourrir la population avec des aliments de qualité, sains et diversifiés. Des systèmes durables doivent aussi être à même d’assurer, dans le respect de la souveraineté alimentaire des autres populations du monde, les autres fonctions que les citoyens sont en droit d’attendent de l’agriculture. Ces fonctions sont notamment la gestion de l’espace rural et des paysages, la préservation de la biodiversité et des ressources naturelles, la lutte contre le changement climatique, le développement rural.
Cela suppose le retour à des instruments de régulation renouvelés et adaptés, ce qui est possible pour autant qu’une volonté politique existe en ce sens. Une critique souvent adressée à la PAC européenne est celle de son impact sur les possibilités de développement agricole et la souveraineté alimentaire des autres populations dans le monde.

Vous souhaitez approfondir vos connaissances sur la PAC alors lisez l’analyse complète.





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