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25 janvier 2017  Actualités

Brésil

L’eau, c’est la vie !

Au Brésil, l’agro-industrie est omnipotente. Ses partisans, industriels et/ou grands propriétaires, occupent une place prédominante dans l’appareil d’État, et mènent des politiques qui renforcent leur pouvoir, souvent au détriment de l’agriculture familiale, qui est pourtant celle qui nourrit le pays.

Dans le Cerrado, la savane arborée du centre du pays, les pratiques agro-industrielles détruisent les sols et raréfient l’eau. Les paysannes et paysans brésiliens partenaires d’Entraide et Fraternité tentent de restaurer la vie sur ces terres abîmées par la cupidité des hommes.

Si, au Brésil, l’agro-industrie « dirige », elle « détruit » également ! Ainsi, le Brésil détient le triste record du monde du pays le plus grand consommateur de pesti-cides. Ces intrants toxiques sont utilisés pour les cultures d’exportation (soja, blé...) aux mains des grands propriétaires terriens.

Dans l’État de Goiás, des milliers d’hectares du Cerrado sont rasés chaque année, détruisant la flore endémique et éradiquant la faune. Les sources d’eau, qui normalement doivent être protégées, sont détruites par le bétail, polluées par les pesticides, asséchées parfois par la baisse du niveau de la nappe phréatique, suite aux pompages intensifs.

Les fazendeiros(grands propriétaires) utilisent jusqu’aux dernières ressources de la terre, pour ensuite la revendre en la mettant dans le circuit de la réforme agraire.

Pour un paysan qui a acquis cette terre, parfois au prix d’une longue lutte, la tâche est souvent très dure : il faut non seulement s’installer, construire sa maison, lancer ses cultures mais aussi, très souvent, restaurer des terres et des sources dégradées.

Les bénéficiaires des programmes de la Commission Pastorale de la Terre (CPT), du Mouvement des paysans Sans Terre (MST), de Via Campesina et de la FETRAF (Federação dos Trabalhadores na Agricultura Familiar), appuyés par Entraide et Fraternité, tentent d’inverser la vapeur et de promouvoir une agriculture agroécologique, sans utilisation d’intrants coûteux et néfastes. Ils replantent des arbres fruitiers et des arbres du Cerrado. Ils tentent également de préserver les sources d’eau sur leurs terres afin de garantir l’approvisionnement pour leurs familles et leurs communautés.

La restauration des sources est un travail communau-taire, encadré par les techniciens du programme : les équipes procèdent à la délimitation des zones et à la pose de clôtures de protection. Ils plantent des arbres natifs du Cerrado qui seront source de sous-produits forestiers et qui, surtout, permettront la récupération des sols et l’infiltration de l’eau de pluie. Quand cela est nécessaire, un captage est réalisé afin de cana-liser l’eau.

Jean-François Dontaine
Chargé de partenariat avec le Brésil





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