Echos des activités   23 février 2016

L’Encyclique Laudato Si’, vue du Sud et du Nord

La conférence abordait tant les causes du réchauffement climatique que les actions à mener pour le contrer.

Ce jeudi 18 février, Mgr Philippe Ravaivomanana, évêque d’Antsirabe à Madagascar, Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, et Céline Deville, doctorante à l’Université de Liège mais surtout, membre des Alter’actifs (le groupe de jeunes d’Entraide et Fraternité) et très active avec les confirmands de sa région, nous ont donné leur éclairage sur l’encyclique Laudato si.
Lors de cette Conférence organisée par Entraide et Fraternité et le Vicariat Evangile et Vie au Séminaire Episcopal de Liège, ils ont abordé tant les causes du réchauffement climatique que les actions à mener pour le contrer…

JPEG Pour ce qui est de la forme, les trois intervenants ont ainsi été invités à jouer au jeu Ourobouros, en direct : un jeu de l’oie … sur l’encyclique, créé par l’équipe d’Entraide et Fraternité et le SDJ de Liège. A chaque fois que l’un des 3 joueurs tombait sur une case imagée, une phrase relatant un évènement et une autre, tirée de l’Encyclique, étaient lues. Chaque intervenant donnait alors son avis sur l’évènement et sur la citation de l’Encyclique.
Jouer pour comprendre des thématiques aussi compliquées que, par exemple, le lien qui nous unit à « notre mère la terre », a apporté un beau dynamisme à la rencontre, tout en facilitant l’expression d’exemples concrets par les trois intervenants.
Dès la première question, Mgr Philippe a relaté des situations issues de la vie quotidienne des paysans de Madagascar. Il a abordé les conséquences de nos actions sur la vie des paysans malgaches.
Le réchauffement climatique à Madagascar complique la vie des paysans : ils n’ont que la terre comme moyen de survie. Dès lors, pour lui, l’agroécologie est une défense efficace. Tout se fait à la main, les produits chimiques ne sont pas nécessaires car la nature s’occupe de tout et l’objectif est que la famille puisse profiter de sa production plutôt que de la commercialiser et de l’exporter.
Tombant sur la case du jeu consacrée à l’agriculture paysanne Mgr Philippe a fait appel au récit de la Création et l’a lié au fait que pour un Malgache, le fait de « dominer la nature », se comprend plutôt comme « être en harmonie avec elle (…). On ne peut pas vivre si on veut dominer soit la nature, soit l’homme ». Selon lui, dominer la nature, au sens occidental, c’est la détruire, et cela entraine des conséquences désastreuses sur la vie sociale. A Madagascar, le bonheur social passe avant tout par un respect de chaque chose, il ne faut rien détruire ni gaspiller dans la nature. La Nature est un bien commun, tout le village doit pouvoir en profiter. D’ailleurs, en malagasy, une des langues nationales, le mot Madagascar se traduit comme « la terre mère des ancêtres » ou « la mère qui enfante ».
Mgr Delville, pour sa part, a insisté sur les conséquences désastreuses du réchauffement climatique au Sud : montée des eaux, disparition de certaines petites îles, désertification, etc. Malgré tous ces constats, certains restent sceptiques face au réchauffement climatique. La question aujourd’hui est de savoir comment combattre le scepticisme, comment aller vers une conversion écologique. Il considère également que nous faisons face à deux défis. Le premier concerne les industries, guidées par le profit, qui continuent à produire toujours plus de gaz à effet de serre… pour que nous puissions consommer. Le second concerne la volonté et les moyens d’arriver à une énergie propre. Il a également insisté sur la critique du progrès scientifique faite par le pape François dans l’encyclique, expliquant que ce qui pose question, c’est assurément la finalité de ces formidables progrès scientifiques et techniques actuels.
De sa perspective d’historien, Mgr Delville a insisté sur la notion de bien commun en revenant sur l’encyclique Rerum Novarum de Léon XIII (en 1891), pour aborder la difficile question de la propriété privée : si elle peut exister, celle-ci doit, avant tout, servir au bien de tous. La notion de bien commun s’oppose au libéralisme absolu. L’Eglise comme force de conversion montre sa foi en l’homme en attestant qu’il peut encore devenir meilleur, en partageant. Message clair, en ce début de Carême !
Enfin, grâce à ses expériences en Afrique et sa foi inspirée par la lumière de Saint-François d’Assise, Céline Deville a lié Dieu à cette question d’environnement. Selon elle, on ne peut plus nier le réchauffement climatique. Nombre de preuves existent à présent, énumérées dans l’encyclique : par exemple, tout le monde n’a pas accès à l’eau, certains meurent de soif pendant que d’autres en ont assez pour arroser leur jardin, laver leur véhicule ou remplir leur piscine.
JPEG Céline veut croire que la solution face au réchauffement climatique viendra de nous, que chaque petite action compte. Il ne faut pas tout attendre des États et au niveau local, nombre d’actions sont possibles. Tout le monde a sa part de responsabilités face aux changements climatiques. Certes, le Nord est plus responsable que le Sud du réchauffement climatique actuel. Mais de véritables résultats ne pourront être atteints que si une solution commune et équitable est trouvée.
Après une heure de jeu, le public a été invité à réagir. Certains ont posé des questions, d’autres ont apporté des réflexions supplémentaires très intéressantes. Par exemple, une des personnes présentes a brillamment évoqué une conférence d’Elena Lasida organisée par Vivre Ensemble il y a quelques années. Elle se penchait sur notre volonté de “posséder” et notre oubli “d’être”. De fait, on dirait qu’aujourd’hui, on est par ce qu’on fait ou par ce qu’on a et on oublie d’être.





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