Jour 6 et 7

Des échanges et des rencontres pleines d’émotions, les élèves de St Quirin continuent de découvrir l’histoire de l’Afrique du Sud. Découvrez la suite de leur voyage.

Jour 6 : des échanges riches en émotion

Aujourd’hui, après un petit déjeuner composé une nouvelle fois de saucisses et d’oeufs, nous prenons la route direction l’université du kwazulu Natal à Pietermaritzburg. Là-bas, nous y rencontrons Philippe Denis, un professeur de théologie et d’histoire. Bonne nouvelle : il est francophone (originaire de la région liégeoise, il habite en Afrique du Sud depuis plus de 20 ans) ce qui nous fait à tous une pause avec l’anglais omniprésent ici. Nous nous retrouvons dans une classe où nous abordons différents sujets tels que le fees must fall (la révolte des étudiants par rapport au minerval - nous apprenons alors que cette université est l’une des plus bouillonnante à ce sujet), son vécu de l’apartheid, les discriminations raciales, le problème du chômage ainsi que les graves problèmes de corruption qui touchent actuellement le pays.

Après environ 1h de discussions très riches, nous libérons notre compatriote afin qu’il puisse préparer au mieux son cours suivant.
Nous nous dirigeons alors vers la cantine de l’université où certains parmi nous mangent ... des frites ! Agréable moment où nous vivons la vie des jeunes universitaires sud africains (un majorité de noirs, quelques indiens et une minorité de blancs), assis sur des marches et profitant d’une agréable journée, alors que les nombreux arbres aux fleurs mauves emplissent nos narines de douces senteurs. L’espace d’un instant, nous nous sentons en été !

Après cela, nous reprenons les cars direction Sinomlando où nous retrouvons les enseignants et quelques élèves rencontrés deux jours plus tôt à "france". Nous échangeons par groupe un instant avec eux. Dans l’un des groupes , un jeune nous raconte sa vie et nous prenons conscience de sa force et de son courage. Très jeune il perd ses parents et dois vivre auprès de sa grand mère qui décède peu de temps plus tard . Il se retrouve seul et apprend, à ses 17 ans, qu’il est atteint du virus du sida, véritable fléau en Afrique du Sud. Il trouve alors en Sinomlando un
réconfort et une aide pour surmonter cette épreuve et, face à nous, il explique à quel point il veut voir la vie autrement, aller de l’avant et réaliser ses rêves. A présent, fort de son expérience, il aide l’association à aborder les jeunes victimes du sida afin de les aider à mieux comprendre et combattre cette maladie mais également à se sentir comme des personnes normales et combattant les préjugés.
De nombreux jeunes nous rejoignent tandis que nous décidons d’enchaîner avec des jeux. Rires et sourires se dévoilent .

Nous avons ensuite le plaisir d’assister à différentes prestations de nos hôtes (chant, danse, comédie). Une fois de plus, nous devons reconnaître que les sud africains ont un sens impressionnant de l’accueil !

La journée se termine et nous retournons à Mpophomeni, au centre du tourisme expérience. Là, nous devons attendre un peu, nos amis du coin étant en retard. Certains se défoulent dans un match de freesbee (où les filles ont lamentablement perdus malgré une supériorité numérique) tandis que d’autres se reposent ou envoient des nouvelles grâce au wifi qu’ils prennent d’assaut.

Enfin, on nous invite à rentrer dans une pièce où un repas d’adieux est préparé. C’est notre dernier jour à Mpophomeni et les discours émouvants s’enchaînent. Nos nouveaux amis nous remercient 1000 x d’être venus. Notre simple présence semblait être un immense cadeau pour eux. Pourtant, ce sont ces personnes qui nous donnés les plus beaux cadeaux en nous faisant découvrir des endroits et des personnes formidables tout en partageant leur culture.

Pendant le repas (riche en viande :-) ) , un orage violent éclate, accompagné d’une pluie impressionnante comme si Mpophomeni voulait que cette soirée ne s’arrête jamais. Il est tard et nous rentrons dans nos familles. Demain nous quitterons ce township et nous y laisserons certainement tous une petite partie de nous.

Jour 7 : le foot, ça rapproche
7h00 il est temps de quitter notre logement pour Durban. Les au revoir sont émouvants, des liens évidents se son tissés. Direction Hammersdale, un Township à 50 km de Durban. Nous y rencontrons l’association Sunflower qui milite pour la condition des femmes. L’accueil est une nouvelle fois impressionnant, chaleureux mais interminable ! Le planning initialement prévu est directement dépassé, les danses, chants et discours s’enchaînent.

Nous en apprenons un peu plus sur l’histoire de ce township. Ici aussi de violents conflits entre noirs éclatèrent dans le passé tout comme à Mpophomeni. Chaque discours est marqué par ce vécu, une nouvelle fois nous prenons conscience du fait que le peuple sud africain a vaincu l’apartheid mais se retrouve dans une situation politique complexe avec de possibles conflits latents. Hier, Philippe Denis nous exprimait son sentiment à ce sujet. L’Afrique du sud semble être à un tournant de son histoire, la corruption ahurissante du gouvernement actuel via le président Zuma (et donc l’ANC, l’ancien parti politique ayant libéré les noirs de l’apartheid ) pousse le peuple a se tourner progressivement vers l’opposition. Un changement de régime politique en 2019 serait susceptible, vu l’histoire récente de ce pays, de déboucher sur une réelle crise telle qu’une guerre civile.

Face à ces conflits entre noirs, des associations telles que Sunflower tentent de fédérer et d’unifier les habitants des townships. Ainsi, cette association a construit une école et créé, depuis plusieurs années, un club de football féminin (comptant à présent plusieurs joueuses faisant partie de l’équipe nationale sud africaine !).

La pression monte, on nous apporte des vareuses, des shorts et chaussettes de foot ... Nous allons devoir défier l’une de leurs équipes ! Motivés comme jamais, nous nous changeons. Tandis que les garçons ont hâte d’en découdre, d’autres se mettent à douter ("euh on se met où sur le terrain ? Comment on se fait des passes ? On tire comment ?").

Impossible de reculer, nous sommes au bord de ce terrain humide ou les rares brins d’herbes se trouvent sur les côtés (gradins ?). L’arbitre siffle la fin du match précédent ... A notre tour. Nos adversaires arrivent, remontées comme des fauves. Nous allons défier une équipe mixte des moins de 15 ans (à vue d’œil, nos adversaires ont entre 13 et 15 ans). Les garçons sont confiants ... les filles un peu moins. Rapidement elles reprennent confiance, dans notre but se dressera la muraille, Madame Raskin casquette blanche vissée sur la tête.

Le coup de sifflet déchire l’atmosphère. C’est parti pour 30 minutes insoutenables. Rapidement, nous devons nous rendre à l’évidence, les filles ne connaissent pas la règle du hors jeu mais ce n’est rien, nous allons nous montrer dignes de nos diables rouges ! L’adversaire est organisé et nous pousse directement à défendre. Les filles, telles des tigresses, ne se laissent pas faire. Elles multiplient les courses. Infatigables, elles repoussent les sud africaines loin des cages de Mme Raskin.

Avec un style très particulier, nous équilibrons le duel, bien aidés par la virilité des garçons dans les duels. La foule hurle, moment génial ou tous prennent du plaisir sur et en dehors du "terrain". Le match reste terriblement indécis quand une balle perdue heurte le bras d’une sud africaine dans ses 16 mètres (inutile de préciser qu’aucune ligne n’est tracée sur ce terrain). L’arbitre est impitoyable : PENALTY !!!
Directement Édith prend ses responsabilités et décide de le tirer. La balle est sur le point de penalty (ou pas :-)) quand elle s’élance et frappe de toute ses forces. De manière étonnante, nous mettrons cela sur le compte des esprits zulu invoqués par le coach adverse, la balle file juste au-dessus de la barre transversale !!!!

Nous ne baissons pas les bras tandis que la deuxième mi-temps débute. Les
remplacements se succèdent car tous veulent jouer. Les filles sont de plus en plus impressionnantes et ne lâchent plus leurs hommes (ou fillettes :-)) d’une semelle. La foule est en délire et la délivrance est proche ! Édith dribble la défense adverse et mystifie la gardienne d’une balle à ras de sol ! GOAL !

Nos adversaires tentent le tout pour le tout mais c’est sans compter sur la volonté de nos joueuses et de madame Raskin véritable muraille infranchissable !

Les 3 coups de sifflets retentissent et clôturent le match sur une victoire étriquée des "petits"belges ! Moment inoubliable ! Les filles redoutaient ce match.... et elles l’ont adoré ! Le temps de se changer et, sur le coup de 16h, nous dînons (vous connaissez l’heure africaine ?). Au menu, des intestins et, curieusement, les filles sont tout à coup beaucoup moins enthousiastes ;-)

Vers 17, il est temps de reprendre la route après de nombreuses embrassades. Nous retournons au glemore pastoral centre de Durban. Demain, nous assisterons à la messe dans la cathédrale.





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