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Paul Rixen

Je dois tellement à Entraide & Fraternité…

Celui qui nous dit ça, c’est Gilberto Carvalho. Il est « ministre du Secrétariat général de la Présidence du Brésil »

Dernier jour de notre voyage.
Après deux semaines d’immersion dans la réalité rurale autour de la ville de Goiás, puis quelques jours dans l’implacable réalité urbaine de la métropole Goiânia, nous voilà dans la capitale Brasilia, au Palacio do Planalto. Oui, c’est le palais de la présidence du Brésil, rien de moins.
Pas le temps de se pincer pour le croire, mais nous sommes bien au centre de pouvoir du pays classé 6e puissance économique mondiale, dans un décor extraordinaire, et nous dialoguons avec le secrétaire de la présidente Dilma Rousseff.

Gilberto Carvalho, durant la période de dictature militaire des années 70 et 80, militait activement avec la pastorale ouvrière pour le sort misérable des travailleurs dans la banlieue de Sao Paulo. Persécuté et mis sur une liste noire, il a créé avec d’autres compagnons de lutte une coopérative pour survivre, résister et poursuivre cet engagement évangélique.
A l’époque, Entraide & Fraternité s’est battu pour soutenir cette petite coopérative.
Aujourd’hui, en août 2013, Gilberto s’en souvient…

Nous échangeons sur notre actuel voyage dans de Brésil.
Avec une lucidité et une franchise qui nous sidèrent, Gilberto Carvalho nous expose comme un résumé de notre périple.
Oui, depuis le président Lula, les derniers gouvernements progressistes ont fait énormément, contre vents et marées. La faim a reculé, l’extrême pauvreté aussi. Vu les forces en présence, et le poids de cette vieille oligarchie issue du colonialisme et reconvertie dans l’agrobusiness et les grandes entreprises, c’est presque inespéré.
Mais il reste tellement à faire… Les structures d’injustice et de violence ont été adoucies, pas vraiment changées.
C’est bien ce que nous, voyageurs Entraide & Fraternité, avons pu percevoir dans toutes les rencontres ces semaines.
Corruption, culture politique délétère, réforme agraire en rade, agriculture familiale pas assez soutenue, menace sur les peuples indigènes, violence contre les jeunes des périphéries, santé et éducation peu accessibles pour la majorité, indifférence « moderne »…

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Oui, il reste tant de luttes à mener ou à soutenir. Même dans un pays « émergent » comme le Brésil.

Dans le bureau de Gilberto, un tableau de dom Pedro Casaldaliga.

Quelques jours plus tôt, nous, voyageurs belges, avons eu l’extraordinaire chance de rencontrer, dans sa simplicité incroyable et chaleureuse, cet évêque emblématique, âgé de 85 ans, aujourd’hui encore menacé de mort à cause de son engagement évangélique auprès des pauvres. Les pauvres, ce n’est pas seulement une thématique. C’est des gens qu’il a rencontrés et soutenus durant toute sa vie dans sa prelazia de Sao Felix do Araguaia : petits paysans, familles sans terre, peuples indigènes méprisés et chassés, personnes appauvries et exclues de toute sorte…
« Dom Pedro, c’est mon patron », nous confie Gilberto.

Nous rentrons en Belgique avec le souvenir de tant de visages : Marta, Leila, Edipo, Bemvindo, Sayonara, Zézinho, Jessica, Clarice, Dagmar, Murilo, Paulo, Rafael, Fàbio, Simone, Canuto, Adilson, Marina, Leticia, Valdivino, Marieta, Graça, Aderson, Josiane, Isaias, Norma, Pedro, Tiago, Wilson, Bruna, Welton, Paulo, Zé Ozmar, Altamiro, Maria, Terezinha...
Ils nous ont donné beaucoup de leur force et de leur espoir.
Guy l’a souligné à plusieurs reprises : ces gens-là ont, malgré leurs difficultés parfois terribles, vivent une culture de l’espoir.
Dans leur dynamique de simplicité et de spontanéité, ils sont artisans du « bem viver » (bien vivre), une piste dont on parle de plus en plus et qui cherche son chemin dans ce Brésil de « production » et d’ « accélération de croissance »…
Remerciement spécial à dom Eugênio, évêque de Goiás qui s’est pris le temps de nous faire découvrir quelques facettes, dures ou belles, du Brésil,
et à Aguinel, qui a préparé et organisé notre séjour, et nous a ouvert tant de portes !
(Aguinel est coordinateur local de la CPT -Commission Pastorale de la Terre- de Goiás. Nous avons pu voir souvent l’admirable travail d’appui de la CPT, parfois peu visible mais combien fertile)

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Toute l’équipe (Anne-Marie, Guy, Marie-Hélène, Noëlle, Gilles, Marie-Louise, Serge, Paul) est bien rentrée du voyage d’immersion au Brésil.
Nous avons vécu beaucoup de moments intéressants, souvent intenses, certains même exceptionnels.

par Paul Rixen





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