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Kandhamal (Orissa)

Jana Vikas

Un lent travail de guérison

Le Père Manoj n’entame pas un héritage facile. Depuis 2011, il remplace le Père Ajay à la tête de l’organisation Jana Vikas, partenaire d’Entraide et Fraternité.

Cette petite ONG liée à l’Eglise catholique du diocèse de Bhubaneswar (Orissa) est basée à Nuagam, au centre du district de Kandhamal. Et ce fut précisément là qu’ont eu lieu d’importantes violences en 2007 et 2008 envers les dalits et adivasis chrétiens.
4 années après l’éruption des violences, les blessures sont toujours apparentes : églises démolies, restes de maisons incendiées et, surtout, une suspicion voire une absence de toute confiance des chrétiens (dalits et adivasis) envers leurs voisins hindous. Le Père Ajay ne peut d’ailleurs pas s’empêcher de signaler au passage : « Ici, ce sont des gens dangereux ; ils ont attaqué les chrétiens des villages avoisinants. Ils se sont fait embrigader par des éléments hindous fascisants. »

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Fr. Manoj Nayak
Directeur de Jana Vikas

« Auparavant, nous étions journaliers dans les champs des familles plus aisées, souvent hindoues. Nos voisins avaient leur petit magasin pour vendre des biens de première nécessité. Aujourd’hui, nous n’avons plus rien. Nous essayons de nous débrouiller, sans véritables ressources. Certains ont reconstruit leurs maisons, avec la compensation minime reçue du gouvernement. Mais comme je n’ai pas d’épargne personnelle, ces compensations de 20 à 50.000 roupies (300 à 700 EUR) sont totalement insuffisantes pour reconstruire nos biens. » Ce témoignage d’une survivante interpelle. Pour plus d’informations sur les violences de Kandhamal, voir Violences envers les chrétiens à Kandhamal sur dalits.be.

En 2010, un Tribunal populaire a pu aider les survivants à exprimer leurs griefs. Des témoignages de victimes et des études de cas présentés par des organisations de défense des droits humains ont pu faire connaître à la nation ce qui s’était passé à Kandhamal. C’était un exercice difficile et périlleux, réussi avec bravoure par les victimes de violences.

Les survivants réclament donc justice. Et 4 ans après les faits, justice n’est pas accordée aux victimes. Plus de 300 membres de l’association des survivants se sont réunis le 25 juin 2012 à Nuagam pour clamer justice. Des dizaines de victimes ont exposé leur cas. Une pétition a d’ailleurs été présentée pour interpeller les autorités indiennes.

C’est dans ce contexte très particulier que Jana Vikas tente de reconstruire des bâtiments, des relations sociales, la confiance des victimes. En tant que directeur, le Père Manoj coordonne également un collectif de quelques organisations de la région travaillant dans le même sens. Il est également , appuyé par Entraide et Fraternité.

Ce travail de guérison est lent. Les dalits et adivasis victimes des violences essaient de survivre tant bien que mal. Cependant, la méfiance envers les voisins hindous reste vive. L’Eglise a entamé un processus de paix, offrant le pardon à ceux qui ont commis la violence sur incitation des éléments extérieurs prônant la haine. Jana Vikas a entamé des programmes économiques englobant les chrétiens et les hindous. Mais les blessures ne peuvent être guéries en si peu de temps.

P. Ajay Singh devant une église démolie

P. Ajay Singh devant une église démolie





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