18 septembre 2013  Actualités

Deux jeunes filles du Bihar aux Nations Unies

Inde

Nazia et Poonam, deux adolescentes du nord de l’Inde auront l’occasion de parler des problèmes dont souffrent les filles indiennes devant l’ONU.

Deux adolescentes du Bihar s’adresseront le 24 septembre 2013 aux chefs d’Etat réunis en assemblée générale des Nations Unies pour parler des problèmes dont souffrent les filles indiennes. Poonam Kumari a 14 ans et Nazia Afreen 17. Elles font partie de la délégation de 11 jeunes en provenance de l’Inde qui auront l’occasion de présenter leur point de vue concernant l’éducation inclusive et d’autres aspects de leur vie.

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Nazia Afreen

Quand Nazia se présentera en face des centaines de dirigeants internationaux, elle se fera la porte-parole de centaines de jeunes filles musulmanes qui veulent faire de ce monde un monde meilleur pour vivre. « J’ai parlé avec beaucoup de jeunes filles musulmanes des régions rurales à propos de leurs problèmes d’éducation et de solutions possibles », raconte Nazia, qui est actuellement étudiante en sciences économiques à l’université.

Elle participe à cette session spéciale des Nations Unies concernant le programme post-2015 des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Des enfants du monde entier et de toutes sortes d’origines sociales échangeront leurs idées pour éradiquer la pauvreté de ce monde. Plus de 120.000 enfants indiens ont participé à la rédaction d’un manifeste pour l’occasion, rappelle Steve Rocha, coordinateur du groupe.

Les jeunes partiront le 17 septembre pour New York, sponsorisés par la campagne de plaidoyer « Nine is Mine ». Ils espèrent que leurs demandes soient intégrées dans l’agenda post-2015 des OMD.

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Poonam Kumari

Poonam est une jeune fille dalit de la communauté des Mahadalit. Elle s’est battue contre sa famille qui voulut la marier quand elle était encore une enfant. Elle s’est engagée en faveur de l’éducation des jeunes filles et contre le travail des enfants. « Les enfants de notre communauté sont forcés de travailler dans des restaurants ou pour attraper des rats. Les filles ne sont pas envoyées à l’école par manque d’argent. Il faut absolument changer cela », estime Poonam, en 5e année à l’école Nari Gunjan où elle apprend aussi à gagner quelques sous. Elle n’a pas l’air impressionnée de s’adresser à l’audience distinguée en terre étrangère et est confiante que sa petite contribution amènera un changement positif dans les vies des jeunes filles de sa communauté.

Fille d’un tailleur et d’une femme de ménage, Nazia rêve d’une carrière économique tout en s’engageant comme militante sociale. Poonam espère aussi s’engager et changer en particulier les vies de ses parents, un journalier et une femme de ménage.

Les deux filles font partie du Forum Ambedkar des étudiants du Bihar (ASF), initié par l’équipe du CSEI, partenaire d’Entraide et Fraternité. Elles se sont liées d’amitié avec les autres jeunes qui participent à l’odyssée.
Les 11 étudiants indiens qui parleront aux Nations Unies représentent un large spectre de groupes incluant une fille malvoyante, un garçon malentendant, un enfant des bidonvilles et un garçon d’une famille brahmane.

D’après un article de Vithika Salomi paru dans le Times of India



tags : Inde Dalits ONU OMD


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