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23 février 2016  Actualités

Action symbolique devant le siège du groupe SOCFIN, à Bruxelles

Dénoncer l’accaparement des terres

Entraide et Fraternité signe.

Des râteaux devant les bureaux du groupe agro-industriel SOCFIN, à Bruxelles, pour dénoncer l’accaparement des terres

Le 24 février, à 12h, plusieurs dizaines de citoyens et des représentants d’ONG belges ont manifesté devant les bureaux du groupe SOCFIN, munis de bêches et de râteaux. Une action symbolique pour dénoncer la politique d’expansion agressive pratiquée par SOCFIN aux quatre coins du globe. Des milliers de paysans, réunis au sein d’une alliance internationale, tentent de faire respecter leurs droits par la voie du dialogue, sans succès à ce jour. Au contraire, les défenseurs des communautés font régulièrement l’objet d’intimidations et de répressions, comme c’est le cas en Sierra Leone où six leaders locaux viennent d’être condamnés et emprisonnés. D’autres actions de solidarité avec les condamnés auront lieu dans différents pays.

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SOCFIN est un groupe agro-industriel belgo-luxembourgeois spécialisé dans la culture de palmiers à huile et d’hévéas (pour la production de caoutchouc). SOCFIN est détenue à 39% par le groupe français Bolloré (premier actionnaire) et contrôlée par l’homme d’affaires belge Hubert Fabri.

Boosté par la croissance de la demande mondiale d’huile de palme, SOCFIN connaît une forte expansion de ses plantations dans une dizaine de pays d’Afrique et d’Asie. Le groupe gère actuellement plus de 180.000 ha de plantations, ce qui équivaut à plus de 4500 exploitations belges moyennes. Une expansion qui s’exerce au détriment des communautés locales. Ces terres, utilisées pour l’agriculture familiale, sont généralement acquises avec l’appui des autorités nationales ou locales sans consultation adéquate et consentement préalable des communautés.

Au final, des paysans se retrouvent sans leur principale source de subsistance, avec une compensation financière extrêmement faible et n’ont souvent comme seule option que de travailler pour l’entreprise dans des conditions de travail déplorables. Des situations qui dégénèrent souvent en conflits fonciers et sociaux, comme cela a été documenté dans plusieurs rapports d’ONG locales et internationales.

Un exemple documenté par des ONG belges. En 2011, en Sierra Leone, SOCFIN a signé un accord avec le gouvernement à travers sa filiale locale Socfin Agricultural Company Ltd. (SAC), pour un contrat de location de 6.500 ha dans la chefferie de Malen. Dès le début, les communautés locales ont exprimé leur opposition au travers de l’organisation locale MALOA. Cela n’a pas empêché l’entreprise d’étendre ses plantations jusqu’à 12.000 ha. Des conflits réguliers ont été rapportés entre l’entreprise et les populations locales et les oppositions ont été systématiquement réprimées. Ce 4 février, six représentants de MALOA ont été condamnés pour cinq à six mois de prison ferme pour des charges de conspiration, d’incitation à commettre un délit et pour la destruction de 40 palmiers. Des accusations pour lesquelles les six représentants de MALOA ont plaidé non coupables. Les organisations de droits de l’Homme sont inquiètes pour la sécurité de ces six défenseurs des droits des communautés. Pour en savoir plus, cliquez ici.

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Les six représentants MALOA condamnés et emprisonnés

Ces conflits et abus ont été dénoncés depuis 2013 par « l’Alliance internationale des riverains des plantations SOCFIN/Bolloré ». A plusieurs reprises l’Alliance a fait valoir les droits des communautés et a présenté ses revendications au groupe SOCFIN/Bolloré en vue d’une résolution pacifique des conflits, sans succès. Les représentants de la SOCFIN sont aux abonnés absents. Une situation qui a également été déplorée par le Point de Contact National de l’OCDE en Belgique.

Dans ce contexte, les citoyens belges et les ONG se joignent à l’Alliance internationale pour manifester sa solidarité avec les six condamnés et demander à SOCFIN de mettre fin à ses accaparements de terres et de s’engager dans un dialogue avec les représentants de l’Alliance en vue d’une résolution pacifique des conflits. Ils demanderont également aux autorités belges de prendre leurs responsabilités et d’exercer un contrôle sur les activités de SOCFIN à l’étranger.

L’entreprise SOCFIN n’est pas seulement mise en cause par les ONG de droits humains et de solidarité internationale, elle l’est aussi par Greenpeace, qui sort ce 24 février une communiqué et pfsa.be sur les pratiques de déforestation de l’entreprise. Une action symbolique a été menée au cours de laquelle des paysans ont « privatisé les terres de SOCFIN » pour les cultiver, comme cela a déjà été réalisé par les membres de l’Alliance des riverains.

Action contre Socfin (groupe Bolloré) : stop aux accaparements de terres.

Signataires

- CNCD-11.11.11
- Mouvement d’Action Paysanne (MAP)
- FIAN Belgium
- SOS Faim
- AEFJN
- Entraide et Fraternité
- Quinoa
- CADTM
- Climaxi
- Les Amis de la Terre
- Aide au développement Gembloux (ADG)
- Oxfam-Solidarité





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