27 novembre 2012  Actualités

Crise du lait : mille tracteurs à Bruxelles contre la dérégulation du marché

Lundi 26 novembre à 7H

Les médias annonçaient une journée rouge sur les routes. Le même jour, à 16H30, des tracteurs haut de deux à trois mètres sont immobiles, sagement parqués dans la rue du Trône. Derrière eux, sur la place du Luxembourg, face aux bâtiments du parlement européen, beaucoup d’agriculteurs, la plupart des hommes, sont présents avec des calicots - en français, en allemand et en anglais - et de fausses vaches de toutes les tailles et de toutes les couleurs. De la grande tente où se trouvent tables, bancs, podium et bar, parviennent, via des micros, des informations sur la manifestation (ses raisons, la manière dont les choses se poursuivent, etc.) Les trottoirs sont blancs, glissants et sentent le lait rance. Des pétards explosent. Des feux aux fumées noires surgissent ici et là sous le regard vigilant des pompiers. Des policiers et policières en tenue de combat gardent la gare de Bruxelles-Luxembourg.
Non, les agriculteurs ne sont pas contents. Oui, ils le manifestent avec colère « Contre le dumping à l’exportation et pour la souveraineté alimentaire », avec inquiétude « En 2020, manger égale luxe », avec désarroi : « Tuez pas les paysans ».

PNG - 634.8 ko

« Quand l’injustice devient un droit, la résistance devient une obligation ! »
Christian Lenoir, producteur laitier de la région de Liège, fait partie des 500 agriculteurs belges regroupés dans la coopérative Fairebel (production de lait équitable). Il commente :
« Avec la libéralisation des marchés prônée par l’Europe, les prix se cassent la figure. Il est prévu la suppression des quotas pour 2015. Pour les entreprises familiales, c’est déjà très difficile de s’en sortir pour le moment et si le marché est totalement libéralisé, elles mourront tout simplement. Nous demandons un organisme qui fasse un monitoring de la production de lait au niveau européen : si la demande augmente, les agriculteurs produisent plus et si la demande diminue, ils produisent moins. Ceci permet aux prix de rester dans un couloir qui couvre les frais de production. Le système des quotas permettait aux agriculteurs de vivre correctement, mais le niveau a été augmenté en vue de la libéralisation de 2015. Aujourd’hui, nous exigeons une plus grande régulation. Et il faut que les prix restent accessibles aux consommateurs avec lesquels nous voulons renouer des contacts directs producteur/consommateur. »

En savoir plus sur la problématique du lait ? Nous vous invitons à lire la position de la Plate Forme de la Souveraineté alimentaire qu’Entraide et Fraternité a signée…..
Contre la dérégulation du marché, rien n’est peut-être perdu. Il y en a encore qui prennent la rue !
Carmelina Carracillo

PNG - 532.5 ko




Articles en rapport

30 mars 2017  Actualités

Renforcer les droits humains des paysan-ne-s

Paysans et paysannes : une protection spécifique est nécessaire !
Rejoignez le mouvement et demandez l’adoption d’une Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysan-ne-s !
Sans paysans, on (...)

6 mars 2017  Actualités

Action nationale de la Marche Mondiale des femmes

Solidarité avec les femmes du monde entier ! Serrons la ceinture au gouvernement
Entraide et Fraternité soutient la Marche Mondiale des femmes, mouvement international regroupant plus de 5000 (...)

20 février 2017  Actualités

Le CETA, on n’en voulait pourtant pas...

Le mercredi 15 février 2017, les eurodéputés se rendaient à Strasbourg pour une séance plénière importante, celle de la signature du CETA, l’accord de libre-échange entre l’Europe et le Canada.
Mais ils (...)

Retrouvez-nous sur : facebook twitter youtube flickr