AVIDEC

Espoir et confiance en l’avenir

Sur les reliefs escarpés de la commune de Nyabihanga et de Ndawa, à entre 1500 et 2000 mètres d’altitude, hommes, femmes et enfants s’échinent à arracher à la terre de quoi assurer leur survie jusqu’à la prochaine récolte. Ici, l’agriculture familiale peine à nourrir les familles. AVIDEC encadre et forme 192 ménages à des techniques agricoles et d’élevage plus performantes.

Dans la commune de Nyabihanga située dans la province de Mwaro, au centre du Burundi, plus de 90% de la population vit de l’agriculture. Le travail est particulièrement rude sur les pentes. Les aléas climatiques (pluies trop abondantes ou sécheresses trop longues) sont souvent à l’origine de faibles rendements agricoles. Maïs, sorgho, manioc, haricot, patate douce,… sont les plantes les plus cultivées sur des parcelles minuscules (40 ares en moyenne !).

C’est qu’avec une densité de population dépassant celle de la Belgique (406 hab/km²), le moindre lopin de terre de la région se doit d’être exploité. Hélas, il n’y a pas de place pour tout le monde et les jeunes, qui représentent la majorité de la population (65% des habit ants de la commune a moins de 25 ans !), n’ont pas d’autre choix que celui de s’en aller chercher fortune en ville…

AVIDEC (Association villageoise pour le développement communautaire), améliore les conditions d’existence des paysans en menant avec eux des activités sur huit collines de la région de Nyabihanga et deux collines de la région de Ndava.

Tout d’abord, AVIDEC organise des sessions de formation pour les responsables d’associations paysannes locales. Ces derniers sont amenés à découvrir des techniques pour améliorer leur production agricole et pastorale. Ensuite, les paysans formés sont invités à restituer les acquis dans leurs associations respectives. Des champs de démonstration ont été aménagés dans les jardins de l’association afin de permettre aux participants d’observer les techniques culturales qu’ils devront ensuite mettre en pratique chez eux

Une chèvre pour améliorer sa récolte !

A côté de ces formations, l’association met également en place un astucieux système de « crédit rotatif de chèvres ». Le principe est simple : chaque famille reçoit une chèvre et, ensuite, afin de pouvoir récolter plus facilement ses excréments et produire du fumier, elle construit une chèvrerie avec l’aide de la communauté. A la naissance des chevreaux, ceux-ci seront donnés à d’autres familles et la chaîne du crédit rotatif continuera. Quant au fumier, il sera épandu sur les champs avant la saison des pluies pour les fertiliser.

C’est que, lorsque la terre est rare et que le sol est pauvre, disposer d’engrais peut tout simplement faire la différence entre la famine et la survie !

De plus, on constate que ce fonds enclenche un cycle positif : non seulement il est efficace pour améliorer les rendements agricoles mais il contribue aussi à redonner courage et détermination à des paysans éreintés par le dur labeur et par des années de guerre civile qui ont martyrisé le pays jusqu’il y a peu !

Un hangar de stockage a été construit où chaque groupement paysan peut stocker ses semences ainsi que la production excédentaire de ses membres. « Ce hangar, confie Venant Nahimpereye, responsable d’AVIDEC, c’est l’assurance pour 14 associations d’une bonne conservation des récoltes, au sec, à l’abri des différents prédateurs. Mais, c’est surtout une réserve qui permettra, en cas de crise, de disposer de semences de pommes de terre, de maïs et de haricots en suffisance pour assurer la continuité de la production, saison par saison ».

L’étape suivante est d’encourager les femmes à transformer le maïs ou le sorgho afin de vendre leurs produits et d’avoir un petit revenu supplémentaire

L’érosion, ennemie du développement

« L’érosion, c’est l’ennemie du développement », tel le titre de la campagne d’éducation à l’environnement menée par AVIDEC auprès des jeunes. AVIDEC a organisé des concours d’idées sur les voies et les moyens de prendre soin de la planète et diffuse un film

Dans un pays, parmi les plus pauvres au monde, où la paix et la stabilité se font encore attendre, AVIDEC a réussi à animer, impliquer et encadrer 16 associations paysannes et à améliorer leur situation alimentaire. Les membres d’AVIDEC, natifs de ces communes, connaissent le terrain par cœur et ils ont réussi en peu de temps à insuffler espoir et confiance nouvelle en l’avenir à près de 200 familles.





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