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Ils découvrent le Guatemala
Entraide et Fraternité offre à ses sympathisants l’opportunité unique de découvrir les réalités d’un pays du Sud à travers des voyages-relais… 8 jeunes voyagent actuellement au Guatemala. Au programme : rencontres avec les organisations partenaires d’Entraide et Fraternité, visites de coopératives... Récit et images.
Arrivée
Ca y est ! nous sommes arrivés sans problème majeur et sans perdre un seul des membres du groupe ! Le seul souci a été de récupérer Katia qui très honnêtement avait déclaré ses carottes et sa tartine sur le formulaire de douane qui demande expressément si le passager transporte des produits frais…. Et le cafard mort de Juana dans sa salade … expérience de souveraineté alimentaire. A part cela rien de particulier… un long voyage avec un accueil très amical de Manolo Garcia, le responsable de SERJUS pour nous emmener à l’Hôtel, une première nuit à Guatemala Ciudad et en route ce matin pour nos premiers contacts avec le pays, les partenaires...
Première journée au Guatemala
Mardi 6 septembre. Après une nuit perturbée pour certains d’entre nous, Giovanni et Julio (nos chauffeurs) nous emmènent à bord du mini bus, direction la « mapa en relieve », la carte du Guatemala en relief. Manolo Garcia de l’organisation SERJUS nous donne des tas d’explications, tant sur le climat, que sur les différentes ethnies mayas... et ses explications se poursuivront l’après midi lors d’une présentation qui nous permettra de rentrer dans la réalité du pays. L’après midi, direction la coordination des ONG et des coopératives pour d’autres explications et présentations concernant les accords commerciaux entre l’Amérique Centrale et les USA, entre l’Amérique Centrale et l’UE. Comme nous étions en retard, les personnes ont du accélérer leur débit de parole. Et beaucoup dans le groupe n’ont pas pu tout suivre... Nous dirons que c’est à cause du décalage horaire et d’un petit reste de fatigue.
JIMMY
mercredi 7 septembre. Ce matin nous sommes allés visiter l’organisation « Mojoca » qui s’occupe des jeunes de la rue, pour leur offrir un meilleur avenir. On s’est séparé en deux groupes pour aller rencontrer des groupes de jeunes vivant dans la rue. Nos accompagnateurs étaient eux-mêmes des jeunes qui ont vécu cette réalité il y a quelque temps. Ce que l’on a vu était choquant car la plupart des jeunes étaient drogués. Pendant l’après-midi nous avons regardé un film expliquant la mission de l’organisation. A la fin de l’après-midi on a eu la chance d’avoir un échange avec des femmes qui ont réussi à sortir de la rue.
Nous avons remarqué que les Guatémaltèques ont une autre notion du temps, car ils nous ont fait attendre pendant trois quarts d’heure avant de venir nous rechercher pour retourner à l’hôtel. Bref une journée chargée mais très intéressante.
Katia
Nous poursuivons notre périple… Petit à petit nous entrons dans la compréhension de la complexité du pays. En cette période d’élections, les manifestations des différents partis en présence se multiplient, les intentions de vote se précisent et il apparaît de plus en plus clairement que le changement se fera dans la continuité… avec plus que certainement un président de droite. Ce qui ne résoudra en rien les difficultés des petits paysans et des communautés Mayas.

Hier, nous avons rencontré divers groupes qui luttent pour valoriser la culture maya. Cela passe par des formations au sein des communautés, notamment par des programmes de radio communautaire, l’organisation des femmes, de groupes de jeunes…
Pour ceux qui nous lisent, notamment les familles, nous pouvons vous rassurer si vous avez quelques craintes… tout va bien, le groupe se soude et nous avons
fiancé Julien…
A vous revoir très vite.
8 sept.-11
Hier nous sommes rentrés plus encore dans le pays et dans sa complexité. Avec pour commencer un déplacement de 2 heures à travers de magnifiques paysages, volcans entourés de brumes le matin, découverte de petits villages nichés çà et là le long de la route … et la route ! C’est un peu le « salaire de la peur » avec des routes sinueuses, des pentes à 12, 13 %, des camions qui roulent en 1e, histoire de ne pas dévaler la montagne.
Notre première rencontre était prévue avec le CDRO et ensuite le CERCAP où nous sommes accueillis pour ces 2 prochains jours.

Après cela, visites dans les communautés où nous voyons le résultat du travail des associations en visitant les parcelles agro-écologiques et d’où nous repartons avec la camionnette remplie de choux ! Et Julien... pousuit son roman….
Daisy
Vendredi 9 septembre
Départ à 6h 45 , direction une des communautés … le bout du monde ! CDRO nous emmène rencontrer des communautés pauvres Mayas à une 1h30 de route de Totonicapan. Et quelle route ! Le chemin n’est pas tracé, on s’embourbe sans difficultés ! On encourage le chauffeur, on pousse et tire la camionnette, on y met tous nos muscles et finalement, on termine le trajet dans le pick up…. Après une petite pause pique-nique où goûte l’ATOL, une espèce de soupe de maïs sucrée, qui provoque des grimaces de plus en plus originales chez certains, on découvre la réalité : les familles vivent dans de petites cabanes à 2.800 mètres d’altitude, dans des conditions de vie difficiles au milieu des champs de maïs. C’est toute une découverte que nous sommes heureux de vivre et de pouvoir partager. Doriane
Samedi 10 Septembre Sakarik (bonjour en quiche) Aujourd’hui, départ à 6 heures, Anselmo, notre chauffeur est en congé, donc pas de mini bus pour nous. Nous embarquons donc dans 2 pick up super puisssants. Nous sommes un peu serrés, mais une fois que le soleil est bien là, quelques-uns d’entre nous prennent place dans la benne. Tout de suite, nous avons plus de place mais nous sommes aussi beaucoup plus remués. Nous nous en sortirons avec quelques bleux et quelques bosses. Après 3 heures de trajet sur des pistes toujours plus escarpées, à voir des paysages splendides, nous arrivons au cœur d’une des communautés les plus pauvres du pays (60 % de malnutrition Infantile et de mortalité). Nous rencontrons 2 familles qui ont des difficultés d’accès à l’eau potable et dont certains des enfants souffrent de malnutrition. Nous faisons encore une halte dans la communauté de San Rosario pour rencontrer le conseil des autorités ancestrales. Après 3 nouvelles heures de safari, à la recherche du quetzal, nous rentrons à l’hôtel, direction Quetzatenango. TIOCHE (merci en quiche) et bonne journée.
12 septembre Apres un petit déjeuner « panecakes », nous partons avec Freddy, le responsable de Serjus Quetzaltenango, direction San Martin. Là, nous rencontrons deux jeunes de ASAECO. Ils nous emmènent à la rencontre de familles ayant suivi une formation des traitements des déchets et de cultures de pommes de terre, carottes, radis, choux... Un peu étonnés qu’il faille organiser ce genre de programme pour des choses qui nous paraissent assez logiques, nous nous dirigeons ensuite vers le volcan Chicabal et sa lagune ou l’association organise un système de récolte des déchets. Un vrai retour à la nature lors de l’ascension. Tous ces efforts valaient la peine. En effet, une fois le lac en vue, c’est une pure merveille. Promenade tranquille pour faire le tour et récupérer avant la descente. Tout le monde a sa propre technique, mais aucune ne garantit le risque de chute. Au retour vers le village, nous effectuons la descente avec un groupe d’enfants chargés de bois. Le plus petit n’a que 4 ou 5 ans, et porte déjà une quantité impressionnante. Cela permet de relativiser avec notre petit sac et nos bonnes chaussures de marche. Les magnifiques paysages que nous avons l’occasion d’admirer, nous ramène souvent aux difficultés des personnes qui y vivent, voire y survivent.
SARAH
13 septembre
Aujourd’hui, nous partons pour Huehuetenango. Grâce à ce trajet, la belotte tant attendue devient réalité. Nous rencontrons le CPO ( Consejo de pueblos de Occidente). Ce groupe d’activistes se bat pour une politique rurale plus reconnue et pour la reconnaissance des droits des communautés Mayas. Malgré les menaces, les rapts et les assassinats, ils continuent à se battre pour le peuple. Après un bon repas à l’association CEIBA, nous visionnons un film "El oro o la vida". Il est réalisé par l’association pour sensibiliser les gens au sujet des exploitations minières, principalement canadiennes qui travaillent sur le territoire guatémaltèque alors que le peuple souffre de la pollution et est exproprié. Une journée qui nous montre le courage de ces gens et nous donne l’espoir et l’envie de se battre pour eux.
Claire 14 septembre
Aujourd’hui, nous sommes allés à la rencontre d’une communauté qui vit aux alentours de la mine Marlin, dans la communauté de San Marcos. En discutant avec la responsable de la sensiblisation sur les effets néfastes de la mine, nous nous sommes rendu compte que tous les habitants n’étaient pas pour la fermeture de la mine et que cela créait des conflits au sein des communautés et même des familles. Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés à plusieurs endroits pour observer l’exploitation à ciel ouvert de la mine Marlin. Voir la manière dont les entreprises étrangères pillent le territoire guatémaltèque est révoltant, surtout quand on voit les dégâts sur la nature et sur les personnes qui vivent près de la mine (dépigmentation et irritation de la peau, cancers…). Nous avons aussi trouvé quelques douilles de 9mm, preuve que les milices privées n’hésitent pas à ouvrir le feu si la population s’approche trop près de la mine….. JUANA
15 septembre
Jour de fête nationale ici au Guatemala, jour de rentrée scolaire pour les étudiants en Belgique. Et pour nous, descente vers le Sud au programme de la journée. Nous allons rencpntrer l’association CEIBA qui travaille à Champerico à la défense des agriculteurs locaux contre les fincas (grandes entreprises agricoles tenues par quelques familles guatémaltèques qui empêchent l’accès à la terre aux petits paysans). Nous apprenons par exemple que lorsqu’ils pulvérisent les plantations de maïs ou de canne à sucre, ils ne s’occupent pas des petites communautés et pulvérisent tout…gens , plantation de tomates ou de légumes…)
Ah oui, j’allais oublier un détail… après ce tour nous sommes allés à la côte. Nous buvons le lait d’une noix de coco avant de la manger. Ensuite après un tour en pirogue nous arrivons devant sur une plage. Et là, le bonheur !!!! Nous pouvons nous baigner dans le Pacifique. L’eau est chaude, vraiment chaude. Après s’être baigné pendant une heure, nous sommes invités à manger le poisson et les crevettes grillés au barbecue, un délice !
Après cette après midi fatiguante, 5h30 de route pour remonter à Solola et Panajachel, sur le bord du Lac Atitlan. Il fait nuit, nous découvrirons ces magnifiques paysages, demain.
JIMMY
16 septembre
Après avoir savouré un délicieux petit déjeuner à Atitlan, avec vue panoramique sur le lac s’il vous plaît, nous prenons la route vers Solola à la rencontre de la communauté « ACRUZ ». Guidés par David nous faisons connaissance, tout au long de la journée, des représentantes de la communauté bénéficiant des appuis de COINDI. Formations politiques, aide technique, sensibilisation aux droits des femmes… Ces bouts de femmes qui tentent peu à peu de s’émanciper et faire valoir leurs droits dans une société machiste et conservatrice.
Puis nous avons assisté à des danses préparées par un groupe de jeunes de la communauté et nous partagé avec eux une danse guatémaltèque
Bref une journée riche en échanges, en rencontres et en sourires. Tout le monde était satisfait… à part peut être nos estomacs européens encore trop sensibles aux boissons locales !
ANAIS
Samedi 17
Nous partons en direction de la côte, sans y aller vraiment. Zut, on a pris les maillots pour rien. Après 3 bonnes heures, nous arrivons à Loma Linda, bien connue pour ses moustiques. Tirage au sort des binômes pour l’attribution des logements, Doriane et Claire gagnent le droit de loger en famille, les autres restent au centre. Après le repas traditionnel, nous partons pour une balade en forêt tropicale, super intéressante pour ceux qui ont encore toutes leurs capacités visuelles. Ensuite petit jeu pour faire connaissance et discussion avec les jeunes de la communauté, dont nous découvrons les règles.
Après le souper, soirée culturelle : démonstration de jonglage et danses assez endiablées pour les locaux et déclamation en pleurant et en riant pour nous. Anaïs et moi gagnons le droit de danser pour tout le monde ! Enfin, pour terminer la journée, nous faisons découvrir notre culture belge en terminant la journée autour d’une bouteille de peket. La suite au prochain numéro Julien, alias frère Tock
Dimanche 18
Debout à 7 heures du mat pour un délicieux petit déjeuner, de quoi prendre des forces pour le reste de la matinée qui s’annonce sportif ! Au programme : petit cours sur l’agriculture organique et plantation de café dans la parcelle de Pascuale.
Munis d’un sachet de terre et de lombrics ainsi que d’un plant de café et d’un peu d’eau, nous voilà partis dans la forêt tropicale pour atteindre la parcelle qui se situe dans la montagne à quelques 1500 mètres d’altitude.
Le but est de parvenir au sommet sans trébucher, en évitant les moustiques féroces et affamés et en gérant quelques problèmes d’estomac pour certains… Pas facile… c’est en binôme que nous plantons le café et le retour s’effectue sous la pluie mais bien à l’abri d’une grande feuille qui nous sert de parapluie naturel.
Après les explications d’ASODIL en début d’après midi, association qui lutte pour le développement intégral et le tourisme rural à Loma Linda, dans le but d’augmenter les ressources de la communauté il est temps à 15h30 de reprendre la route. On charge les bagages dans la camionnette, et en route pour Guatemala Ciudad. Pour une fois nous sommes à l’heure et dans les temps… mais c’est sans compter les accidents, les files d’attente ce qui provoque un stress collectif…. Mais cela fait aussi partie du voyage.
A bientôt
Doriane
19 septembre.
Depuis hier, 19 septembre, nous sommes de retour à Guatemala Ciudad. Il est toujours question de la rencontre avec Rigoberta Menchu mais cette rencontre prévue aujourd’hui a été déplacée … peut être à demain. En espérant qu’elle ait bien lieu, nous préparons quelques questions sur la défaite de la gauche lors des dernières élections, la réforme agraire et fiscale, la question des femmes…. Ensuite nous partons pour visiter Antigua Guatemala, charmante petite ville, anciennement la capitale du pays. Sur la route, nous entendons les informations, faisant part d’un tremblement de terre dans la ville. Certains l’ont ressenti, d’autres…non. Sur cette terre de volcan, ceci n’est absolument pas exceptionnel et les répliques qui suivent en général les séismes ne nous ont pas perturbées outre mesure. 20 septembre Journée en demi-teinte aujourd’hui. Nous apprenons d‘abord que la visite avec Rigorberta Menchu n’aura finalement pas lieu. Rigoberta est prise par la suite des élections, des discussions au Congrès. C’est un peu la désolation au sein du groupe. Puis c’’est le temps de l’évaluation et le temps des au revoirs. Au revoir à Anselmo, notre fidèle chauffeur depuis une dizaine de jours, toujours disponible, aimable, tranquille, qui était devenu Anselmio, Ansemito, Ansel credito, bref un compagnon à part entière de notre périple. Au revoir aussi à tous les partenaires, réunis ce matin pour l’évaluation. Julien est désespéré, il ne reverra plus sa belle ! Au revoir aussi à Carmelina, qui repart ce matin à l’aube pour la Belgique. Quand à nous, nous partons demain pour Tikal, San Felipe et Livingstone. Et nous partons, sans l’ordinateur qui a aussi bien mérité quelque repos. Donc ne vous inquiétez pas … pas de billets d’humeurs pour ce programme touristique. Nous serons de retour bientôt au pays pour vous partager toutes nos découvertes et toute la richesse de ce voyage. A vous revoir tous très bientôt Daisy






